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19/11/2012 10:27 EST | Actualisé 19/01/2013 05:12 EST

La Coalition de l'opposition syrienne reconnue par l'UE

Le chemin de l'opposition syrienne semble semé d'embûches. Alors que l'Union européenne (UE) a annoncé qu'elle considérait la Coalition de l'opposition au régime de Bachar Al-Assad comme « représentant légitime » du peuple syrien, les islamistes radicaux qui combattent sur le terrain ont annoncé qu'ils rejetaient la coalition, née aux forceps le 11 novembre à Doha.

Même si les ministres européens des Affaires étrangères se sont mis d'accord lundi pour considérer que la Coalition de l'opposition syrienne comme « représentant légitime des aspirations du peuple syrien », ils ne sont pas allés jusqu'à la qualifier d'« unique représentant légitime » de ce peuple.

Cependant, la représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, a expliqué que tous les États de l'UE « ont hâte de travailler avec la Coalition ».

Les Européens souhaitent que la Coalition « continue de travailler sans exclusive en souscrivant aux principes des droits de l'homme et de la démocratie, avec la participation de tous les groupes d'opposition et de tous les secteurs de la société civile syrienne », est-il écrit dans la déclaration adoptée par les chefs des diplomaties européennes.

Mais cette victoire diplomatique de la Coalition a été contrariée par une déclaration des groupes islamistes radicaux.

Une quinzaine de groupes islamistes armés, notamment les deux plus importants, Liwaa al-Tawhid et le Front al-Nosra, ont annoncé leur rejet de la Coalition. Et ils ont dans la foulée exprimé leur ambition d'instaurer un État islamique en Syrie.

« Nous, factions combattantes sur le terrain de la ville d'Alep et de sa province, annonçons notre rejet du complot représenté par ce qu'on appelle la Coalition nationale, et nous sommes mis d'accord à l'unanimité sur l'instauration d'un État islamique juste », affirment ces groupes.

Parmi les organisations rejetant la Coalition se trouvent les groupes combattants les plus importants dans le nord de la Syrie, qui est quasiment entièrement aux mains des rebelles.

Un dirigeant local de l'Armée syrienne libre (ASL) a souligné que ce rejet n'était pas partagé par l'ASL, principale force d'opposition armée à l'échelle du pays, formée de civils et de déserteurs.

Par ailleurs, le principal dirigeant de l'opposition intérieure tolérée par le régime, le Comité de coordination pour le changement national et démocratique (CCCND), a proposé lundi la tenue d'une réunion au Caire avec la Coalition pour tenter d'unifier ceux étant hostiles au régime de Bachar Al-Assad.

« La Coalition nationale qui a été annoncée à Doha est un pas dans la direction de l'unification de l'opposition, mais elle ne représente pas toute l'opposition », a-t-il souligné.