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19/11/2012 01:09 EST | Actualisé 19/01/2013 05:12 EST

Grève de la faim d'islamistes en Tunisie: la situation est inquiétante (ministère)

Le ministère tunisien de la Justice a jugé lundi "inquiétante" la situation dans les prisons où plus de 100 détenus, des islamistes mais aussi des prisonniers de droit commun, refusent de s'alimenter après la mort de deux salafistes présumés, en grève de la faim.

Fadhel Saihi, chargé de mission au ministère de la Justice, a indiqué qu'à l'issue d'une visite dans les centres de détention avec des représentants d'ONG de défense des droits de l'Homme, plus d'une centaine de personnes en grève de la faim ont été comptabilisées, soit "deux fois plus que samedi".

"Le plus inquiétant est qu'ils conditionnent l'arrêt de la grève de la faim à leur libération", a-t-il indiqué. "Nous sommes devant un problème sérieux. Le phénomène se propage, une grande partie des grévistes sont maintenant des (détenus de) droit commun", a-t-il affirmé.

"Leur vie est en danger", a-t-il dit, précisant qu'au total cinq d'entre eux ont dû être brièvement hospitalisés depuis samedi.

Les avocats des militants salafistes emprisonnés ont pour leur part indiqué que plus de 200 détenus, tous des islamistes, refusent de s'alimenter et que certains risquaient de mourir.

"D'autres gens vont mourir, la situation des détenus est vraiment catastrophique", a martelé l'avocat Seif Eddine Makhlouf à l'antenne de la radio Mosaïque FM, réclamant la libération de ces détenus qui se trouvent tous en détention provisoire.

M. Saihi a indiqué que le ministère ne pouvait satisfaire une telle revendication, la décision revenant aux juges compétents pour chaque dossier. Il s'est dit par contre prêt à "améliorer les conditions de détention".

Selon un autre avocat, Me Mehdi Zagrouba, les détenus en grève de la faim ont été arrêtées en 2011 et 2012 lors de différentes attaques ayant visé la chaîne télévisée Nessma, une exposition d'art en banlieue de Tunis et l'ambassade des Etats-Unis (14 septembre, 4 morts), des actions orchestrées par des groupes salafistes.

Les grévistes estiment être les victimes d'une répression injustifiée contre cette mouvance rigoriste de l'islam sunnite.

Les salafistes estiment à 900 le nombre de leurs partisans emprisonnés. Le ministère de la Justice fait lui état de 168 détenus.

Deux grévistes de la faim, dont une figure de la mouvance à Tunis, Mohamed Bakhti, sont morts la semaine dernière après deux mois sans s'alimenter. Leurs avocats et plusieurs partis politiques ont dénoncé des dysfonctionnements du système pénitentiaire qui ont conduit au décès des deux hommes.

kl-alf/cnp

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