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19/11/2012 01:44 EST | Actualisé 19/01/2013 05:12 EST

France: Jean-François Copé élu à la tête de l'UMP avec 50,03 pour cent des voix

PARIS - La guerre des chefs à la tête de l'Union pour un mouvement populaire (UMP), le principal parti de droite en France, s'est finalement conclue lundi soir par la victoire de Jean-François Copé.

La commission électorale du parti (COCOE) l'a déclaré vainqueur avec 50,03 pour cent des suffrages. Seulement 98 voix le séparent de son adversaire François Fillon, qui a déclaré qu'il ne contesterait pas le résultat.

Sur les 174 678 votes exprimés, M. Copé a recueilli 87 388 voix, contre 87 290 pour François Fillon, a annoncé le président de la COCOE, Patrice Gélard.

«Nous avons décidé à l'unanimité de la commission de ne modifier aucun résultat et de maintenir les résultats tels qu'ils nous sont parvenus», a expliqué M. Gélard dans une déclaration devant la presse au siège de l'UMP.

«J'ai été élu à la majorité absolue des suffrages exprimés», s'est félicité Jean-François Copé. «J'ai téléphoné à François Fillon et je lui propose (...) de me rejoindre», a-t-il ajouté.

François Fillon a dénoncé «les méthodes» employées lors du scrutin pour la présidence de l'UMP. «Au-delà des nombreuses irrégularités de ce scrutin que j'aurais pu contester, ce qui me frappe surtout ce soir, c'est que la fracture qui traverse notre camp politique est désormais manifeste», a déclaré l'ancien premier ministre. «Cette fracture est à la fois politique et morale.»

«Je ferai connaître dans les jours qui viennent les formes que prendra pour l'avenir mon engagement politique», a-t-il ajouté.

Les deux candidats à la présidence de l'UMP ont passé la journée de lundi à revendiquer la victoire, transformant la course à la direction du parti en guerre des chefs.

Les deux camps ont réclamé l'invalidation de résultats pour fraude dans plusieurs départements. Les partisans de François Fillon contestaient le déroulement du vote dans l'Hérault, l'Oise, le Gard et quelques bureaux parisiens, tandis que les partisans de Jean-François Copé contestaient le vote dans les Alpes-Maritimes et dans un bureau du XVIe arrondissement de Paris.

Les camps Copé et Fillon se sont livré une véritable guerre des nerfs, les partisans du secrétaire général de l'UMP et ceux de l'ancien premier ministre se succédant devant la presse pour revendiquer la victoire.

Laurent Wauquiez, partisan de François Fillon, s'est dit attristé par «l'image que donne sa famille politique» et a dénoncé des «dysfonctionnements très graves» dans l'organisation du scrutin. Eric Ciotti, un autre partisan de l'ancien premier ministre, a appelé à «éviter les tensions et les phrases excessives».

Les soubresauts de cette élection interne ont suscité l'inquiétude des «grands anciens» de l'UMP. L'ancien premier ministre Alain Juppé a appelé François Fillon et Jean-François Copé à «faire cesser immédiatement les invectives qu'échangent leurs partisans».

L'ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin a appelé à la «dédramatisation», jugeant sur Twitter que «les résultats serrés, ça existe» et que «les lieutenants ne sont pas obligés de s'étriper».

Nicolas Sarkozy, qui a présidé l'UMP de 2004 jusqu'à son élection à la présidence de la République, en 2007, n'a pas commenté officiellement la bataille entre Jean-François Copé et François Fillon.

À gauche, le Parti socialiste (PS) a dénoncé lundi la «guerre des chefs» de l'UMP, regrettant qu'elle soit «tournée vers elle-même». Mais certains, comme la porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem, ont manifesté une certaine empathie, envoyant même «un message d'optimisme». Une façon de se souvenir que le PS a lui aussi connu des déchirements fratricides, des menaces d'implosion et de difficiles réconciliations, avant de se rassembler en 2011 derrière son candidat à la présidentielle, François Hollande.