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19/11/2012 01:12 EST | Actualisé 19/01/2013 05:12 EST

Des défenseurs des droits de l'homme pour l'interdiction des "robots-tueurs"

Des organisations de défense des droits de l'homme ont appelé lundi à Washington à une "interdiction préventive" mondiale des "robots-tueurs", des armes sophistiquées totalement autonomes et agissant sans supervision humaine qui pourraient être opérationnelles dans 20 ou 30 ans.

Human Rights Watch (HRW), International Human Rights Clinic et un groupe de femmes Prix Nobel, la Nobel Women's Initiative, ont annoncé le lancement d'une campagne pour l'instauration "d'un traité international qui interdirait totalement le développement, la production et l'utilisation de ces armes autonomes".

Publié le même jour, un rapport de 50 pages intitulé "Losing Humanity" fait pour la première fois le point sur les recherches en cours sur ces armes "capables de choisir et faire feu sur des cibles sans intervention humaine".

Les militants s'inquiètent du fait que "sans débat public", des gouvernements développent ces armes qui "mettent les civils en danger de manière inacceptable lors d'un conflit, sans être comptables des lois humanitaires", a indiqué devant la presse Steve Goose de Human Rights Watch.

Et en cas de "violation inévitable des droits de l'homme, on ne peut savoir qui peut être tenu pour responsable", a-t-il ajouté.

Ces armes, conçues pour n'éprouver "ni crainte, ni colère", ne montreront non plus "aucune compassion", a ajouté Bonnie Docherty, de HRW. Elles sont également "un outil parfait pour les dictatures", dit-elle.

Si elles n'existent pas encore, des modèles les préfigurent déjà, indique le rapport, citant des armes déjà utilisées ou encore au stade de la recherche aux Etats-Unis, en Israël, en Allemagne, en Grande-Bretagne ou en Corée du sud.

Il faut "que le public soit mis au courant, il faut réunir les organisations non gouvernementales, travailler avec les gouvernements", a ajouté de son côté Jody Williams, prix Nobel de la paix en 1997 pour son combat contre les mines antipersonnels et dont l'organisation Nobel Women's Initiative -- la réunion de six femmes Prix Nobel de la paix-- est associée à cette campagne.

Le développement de ces armes "doit être stoppé maintenant, avant qu'il ne soit trop tard et que leur progression, de la science-fiction à la réalité, ne soit irréversible", a réaffirmé M. Goose.

ff/mdm