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19/11/2012 06:01 EST | Actualisé 19/01/2013 05:12 EST

Brouillette a (encore) eu peur

Les raisons de sourire sont rares au lendemain d'une fin de saison une semaine trop hâtive au goût de plusieurs.

Un texte de Guillaume Lefrançois

Mais de voir Marc-Olivier Brouillette sur pieds, souriant, malgré un cou un peu raide, a certainement égayé le coeur de quelques coéquipiers, lundi.

La scène était terrifiante. Au quatrième quart de la finale de l'Est, dimanche, face aux Argonauts, Matt Black pousse Brouillette dans le dos, à la suite d'un retour de botté de Chad Owens. La poussée anodine s'est finalement avérée lourde de conséquences.

« J'étais très inquiet. J'ai vu quelque chose se produire une quinzaine de jeux auparavant. J'ai averti l'arbitre de surveiller ce joueur, car il était hors de contrôle », a mentionné l'entraîneur-chef des Alouettes, Marc Trestman, sans nommer directement Black.

« J'ai atterri sur le devant de mon casque. Ça a comme envoyé un choc dans mon cou et mes épaules », a raconté Brouillette, avec la posture d'une personne qui souffre d'un torticolis.

Le secondeur est resté étendu de longues minutes, au moins une dizaine. Plus les minutes passaient, plus le stade olympique devenait silencieux (mais pas avant que cesse une animation de foule ridicule pour un concours, une situation qui a irrité bien des spectateurs).

« T'as peur quand tu es allongé et qu'ils te disent de ne pas bouger, raconte l'ancien quart des Carabins de l'Université de Montréal. Au début, il y a trois personnes autour, et ensuite, il y en a 6-7-8, et l'ambulance est là. J'étais inquiet pour moi, pour ma famille aussi. C'est beaucoup de stress pour mes parents, ma femme, mes amis quand ils me voient allongé sur le terrain. »

C'est sur une civière, immobilisé, le casque encore sur la tête, que Brouillette a quitté le stade olympique. L'image de sa conjointe qui court à côté de la civière a ajouté au drame.

Brouillette s'en est tiré avec une entorse cervicale. Malgré des maux de tête, il n'a pas subi de commotion cérébrale.

Dans un courriel à Radio-Canada Sports, un représentant de la Ligue canadienne a indiqué qu'aucune mesure disciplinaire ne devrait être prise aux dépens de Black.

Les ailes coupées

Avant de tomber au combat, le numéro 10 connaissait un des très bons matchs de sa carrière. Officiellement, il totalisait quatre plaqués, mais il s'est surtout démarqué par son jeu dans les moments cruciaux.

C'était le cas au deuxième quart, quand les Argonauts ont tenté trois courses de suite à la ligne de 1 des Alouettes, sans marquer de touché. Brouillette a été crédité d'un plaqué, mais a joué un rôle prépondérant dans au moins deux des trois séquences.

« J'étais encore à l'hôpital quand j'ai su le résultat final. C'était décevant à cause de nos attentes, on visait la Coupe Grey. D'après les coachs défensifs, je jouais mon meilleur match de l'année dans une situation importante. J'aurais aimé être sur le terrain pour les aider au quatrième quart. »

Brouillette en est à une deuxième expérience traumatisante depuis son arrivée chez les Alouettes en 2010. À son année recrue, en octobre, un foudroyant virus l'a frappé lors d'un voyage de l'équipe à Calgary. L'infection a empiré, à un point tel que l'amputation d'une jambe a été envisagée. Une pneumonie s'est ajoutée à ses malheurs, si bien qu'il a perdu une trentaine de livres pendant sa mésaventure.

Deux incidents bien différents, qui ont bien failli faucher une carrière prometteuse. Mais comme en 2010, Brouillette n'a pas l'intention de lever le pied. La préparation pour 2013 commencera sous peu.

« J'ai l'intention d'être là en 2013. Ça va prendre quelques jours avant que je sois à 100%, mais dès qu'ils me donnent le feu vert, je vais reprendre l'entraînement. Il y a eu plus de peur que de mal. »

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