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19/11/2012 09:59 EST | Actualisé 19/01/2013 05:12 EST

Aucun refuge dans la bande de Gaza, où la mort est partout en embuscade

Il n'y a aucun endroit sûr dans la bande de Gaza. Aucune parcelle de l'enclave palestinienne n'est à l'abri d'une frappe. En fonction de leur instinct, des familles déménagent d'immeubles ou quittent la ville, mais la peur les hante toujours.

Chaque agglomération de ce territoire exigu long de 45 km et large de 6 à 10 km, où s'entassent 1,6 million de Palestiniens, a été touchée par les bombardements israéliens qui s'abattent par air et mer depuis six jours.

Et il n'y a pas le moindre abri anti-aérien, pas le moindre refuge dans cette bande de terre surpeuplée en bordure de la Méditerranée.

"Mes enfants sont terrifiés. Mon fils de six ans Mohamed refuse de manger et me suit partout. Toutes les 10 minutes, il me demande quand est-ce qu'on va mourir?", raconte une mère de 37 ans, Oum Jihad, qui est allée s'installer dans sa famille à Khan Younès, dans le sud du territoire, moins soumis aux raids.

Ils ont quitté leur appartement du neuvième étage d'un immeuble de la ville de Gaza, pilonnée sans répit depuis le début de l'opération israélienne "Pilier de la Défense" visant à mettre fin aux tirs de roquette des groupes armés palestiniens.

"Les bombardements faisaient trembler tout l'immeuble, puis les fenêtres ont explosé et la porte a été arrachée. C'est là que nous avons décidé de partir à Khan Younès", raconte Oum Jihad.

"Mais la peur et l'anxiété nous poursuivent jusqu'ici", soupire-t-elle.

Walid Sultan, 30 ans, a fui, lui, sa maison de Beit Lahiya, dans le nord de la bande de Gaza. Trop proche de la frontière avec Israël. Avec sa femme enceinte, leur fille, ainsi que des dizaines de voisins, ils sont venus chercher refuge dans la ville de Gaza. La famille s'est installée chez un ami, mais n'a pas trouvé la paix pour autant.

"Nous avons fui la mort, mais elle nous attend à chaque coin", dit Walid. "J'ai quitté Beit Lahiya parce que je craignais une invasion terrestre israélienne", explique le trentenaire, dont la maison a déjà été détruite par les chars israéliens.

"Mais la situation est terrible ici aussi, et je ne peux rien faire pour protéger ma famille", se lamente-t-il.

Chaque famille interrogée a les mêmes terreurs, les mêmes récits: ils parlent des crises de panique des enfants au son des bombardements, de "nuits terribles" sans sommeil, de la peur d'être au mauvais endroit au mauvais moment...

Mais la conclusion est toujours la même: "où aller ?"

Quatre-vingt dix huit Palestiniens ont été tués depuis le début de l'offensive israélienne contre les groupes armés dans la bande de Gaza, qui a pour objectif de faire cesser les tirs de roquette contre le sud d'Israël, qui ont tué trois Israéliens jeudi dernier.

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