NOUVELLES
18/11/2012 10:45 EST | Actualisé 18/01/2013 05:12 EST

Trêve: les deux camps ont besoin de sauver la face et d'un médiateur crédible

La conclusion d'un cessez-le-feu entre Israël et groupes armés palestiniens de Gaza dépend de la capacité de chaque camp à revendiquer un succès, et de la crédibilité de la médiation, sapée par le lancement de l'opération israélienne au moment où une trêve était en vigueur.

Raids israéliens massifs et tirs de roquette palestiniens se poursuivaient dimanche, parallèlement à des contacts intensifs, en particulier au Caire, pour un arrêt des hostilités.

Le président égyptien Mohamed Morsi s'était déclaré samedi soir optimiste sur "la possibilité d'un cessez-le-feu bientôt", au cours d'une conférence de presse avec le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan.

Le chef en exil du Hamas Khaled Mechaal s'est entretenu de cette question avec le chef des services de renseignement égyptiens, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan et l'émir du Qatar Hamad Ben Khalifa Al-Thani, exigeant des garanties internationales de respect d'une trêve par Israël.

Un responsable du Hamas à Gaza, Ahmad Youssef, a précisé dimanche à la radio officielle de l'Autorité palestinienne Voix de la Palestine que le mouvement souhaitait "la levée du blocus injuste de Gaza et l'arrêt des fréquentes agressions et assassinats israéliens", des conditions a priori inconciliables avec celles d'Israël.

"Au cours du week-end, l'armée israélienne a examiné les résultats de l'opération et s'est réjouie des résultats. Après avoir assommé le Hamas avec l'assassinat du chef de sa branche armée, Ahmad Jaabari, les efforts au cours du week-end se sont concentrés sur la préservation de la dissuasion créée par l'assassinat", indique le spécialiste militaire du quotidien israélien Maariv.

"La balle est depuis hier dans le terrain de la direction politique, qui doit décider entre s'engager dans des pourparlers de cessez-le-feu et l'option d'une opération terrestre", explique-t-il.

Selon le correspondant militaire du Yediot Aharonot, "personne dans le groupe qui dirige l'opération ne souhaite une offensive terrestre". "Mais si le Hamas parvient à infliger un coup spectaculaire à Israël pour créer une +image de victoire+, il y a un risque que les ministres ne puissent résister à la tentation de +rectifier+ l'impression que cette image pourrait laisser sur l'électeur israélien", souligne-t-il, en référence aux élections du 22 janvier.

Dans une émission samedi soir sur la télévision du Hamas, sa branche armée, les Brigades Ezzedine al-Qassam, a vanté ses succès au cours des hostilités.

"Le principal objectif d'Israël est d'assurer le calme à long terme et d'obtenir une promesse d'empêcher les attaques palestiniennes contre les localités et les patrouilles israéliennes de l'autre côté de la barrière frontalière," résument les spécialistes de défense du Haaretz. "Une des difficultés actuellement est l'absence d'un médiateur suffisamment influent pour arracher un accord".

"L'Egypte ne peut plus se porter garante d'une trêve", avait déploré samedi soir au Caire un haut responsable du Hamas sous le couvert de l'anonymat.

"Par l'intermédiaire de l'Egypte, nous nous étions mis d'accord sur une trêve, et elle a été interrompue au bout de 48 heures", avait-il rappelé, en référence à l'assassinat le 14 novembre d'Ahmad Jaabari, lors d'une accalmie après trois jours de confrontation.

M. Erdogan a également imputé samedi à "Israël qui a violé le cessez-le-feu" la responsabilité de l'escalade.

L'Egypte, dirigée par les Frères musulmans, pressée de toutes parts d'exercer son influence sur le Hamas pour rétablir le calme, a paru elle-même reconnaître le coup porté à sa capacité de médiation.

"Israël doit respecter ses engagements et les accords qu'il a signés", a prévenu le Premier ministre égyptien Hicham Qandil lors d'une visite à Gaza vendredi, en annonçant que son pays allait "intensifier ses efforts pour mettre fin à cette agression et parvenir à une trêve durable".

bur-sst/agr/hj