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18/11/2012 03:26 EST | Actualisé 18/01/2013 05:12 EST

Pour l'ex-patron de l'AMA, le CIO doit être plus "dur" avec le cyclisme

L'ancien président de l'Agence mondiale antidopage (AMA) Dick Pound a estimé dimanche que le Comité international olympique (CIO) devait être plus "dur" avec le cyclisme, alors qu'il a le pouvoir de priver des Jeux un sport qui n'applique pas le code mondial antidopage.

"Le CIO a très bien fait en amendant sa charte pour dire: vous devez vous conformer ou vous ne pouvez pas participer, mais ils sont réticents à utiliser ce pouvoir. Ils disent qu'on ne peut pas exclure le cyclisme, sinon qu'est-ce qu'il arrive à tous ces coureurs dans le monde qui ne se dopent pas?", a déclaré l'avocat montréalais à l'AFP, en marge du Conseil de fondation de l'AMA à Montréal.

Selon lui, il faut "de l'amour dur. C'est comme cela qu'on obtient leur attention: +ou vous faites le ménage, ou vous sortez des Jeux Olympiques+". 

Dick Pound, qui a toujours été un critique acerbe de l'Union cycliste internationale (UCI), ne comprend pas que ses dirigeants puissent dire qu'ils ne savaient rien des sombres méthodes de Lance Armstrong.

"C'est extrêmement embarrassant pour l'UCI que les personnes qui dirigeaient ce sport, qui voyaient tous les jours ces coureurs et ces équipes, ne semblaient pas détecter ce qui se passait. Et maintenant ils sont entre guillemets +choqués+", a-t-il fait valoir, autour de la même table que l'actuel président de l'UCI, Pat McQuaid.

S'il loue le travail de l'Agence antidopage américaine (Usada) qui a fait chuter l'ancien roi du Tour de France, déchu de ses sept victoires dans la Grande Boucle (1999-2005), le premier président de l'AMA (1999-2007) trouve "frustrant" de voir les gouvernements traîner des pieds pour mettre plus d'argent.

"Nous avons toute la machinerie en place, toutes les structures, le système de 50-50 entre gouvernements et mouvement sportif, nous avons le code antidopage, et nous avons une convention (de l'Unesco sur le dopage dans le sport, ndlr). Il faut maintenant s'attaquer à la longue route devant nous si nous voulons réussir", a estimé le Canadien.

"Les gouvernements nationaux ont une immense responsabilité parce que c'est leur pays. Ils ont le pouvoir d'enquêter, ils ont le pouvoir de forcer des témoins à fournir des preuves etc, ce que les institutions sportives n'ont pas. Donc, on a vraiment besoin qu'ils le fassent", a-t-il souligné.

jlr-stp/gv

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