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18/11/2012 03:56 EST | Actualisé 17/01/2013 05:12 EST

L'Iran met en garde contre la livraison d'armes à l'opposition syrienne

Le ministre iranien des Affaires étrangères Ali Akbar Salehi a mis en garde dimanche contre un renforcement des livraisons d'armes à la rébellion syrienne, qui selon lui accroîtra "l'insécurité, le risque de terrorisme et la violence organisée" dans la région.

"Certains (pays) envisagent d'envoyer des armes lourdes ou semi-lourdes à l'opposition" syrienne, a déclaré M. Salehi en ouvrant une réunion pour le "dialogue national en Syrie" réunie à Téhéran à l'initiative de l'Iran.

"En réalité, ils cherchent à légitimer officiellement ce qu'ils font déjà en secret", a-t-il ajouté en dénonçant une "ingérence claire dans les affaires d'un pays indépendant".

"Une telle décision, outre le précédent dangereux qu'elle créerait dans les relations internationales, ne ferait que répandre l'insécurité, le risque de terrorisme et la violence organisée dans la région", a prévenu le ministre.

Le régime syrien et ses principaux alliés, l'Iran et la Russie, accusent certains pays arabes et occidentaux de fournir discrètement depuis des mois des armes à la rébellion syrienne.

La France a annoncé jeudi qu'elle allait poser la question à ses partenaires européens d'une levée de l'embargo sur "les armes défensives" pour aider l'opposition.

Cette initiative fait suite à la formation le 11 novembre à Doha d'une grande Coalition nationale rassemblant les mouvements d'opposition syriens, reconnue par la France et plusieurs pays de la région, dont la Turquie et les pays du Golfe, comme l'unique représentant légitime du peuple syrien.

Cette coalition a demandé des armes pour renverser le régime du président Bachar al-Assad et hâter la fin d'un conflit qui a fait plus de 39.000 morts depuis mars 2011, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), une organisation qui s'appuie sur un réseau de militants et de médecins.

La Russie a déjà averti les pays soutenant la coalition d'opposition syrienne qu'ils commettraient une "violation grossière" du droit international s'ils fournissaient des armes aux rebelles.

Dans un message aux participants à la réunion de Téhéran, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a dénoncé "l'approche militaire" des Occidentaux et mis en garde contre le risque de voir "Al-Qaïda et des groupes extrémistes (qui lui sont liés) prendre le pouvoir en Syrie" grâce aux armes livrées à la rébellion, selon l'agence officielle Irna.

La Coalition nationale refuse tout dialogue avec le régime syrien avant le départ de M. Assad, et aucune de ses composantes ne participe à la réunion de Téhéran.

La réunion rassemble quelque 200 représentants du gouvernement et de différents courants politiques, religieux ou ethniques syriens, selon les medias iraniens qui ont fait état de la présence de petits mouvements d'"opposition" confidentiels ou inconnus.

"L'Iran veut favoriser la réunion des opposants avec le gouvernement pour trouver une solution syro-syrienne (à la crise) et non une solution dictée par l'étranger", a affirmé M. Salehi.

L'opposition et plusieurs pays arabes et occidentaux refusent d'associer l'Iran à tout règlement diplomatiques de la crise syrienne, jugeant ce pays disqualifié par son soutien sans faille au régime de Damas et par son aide --démentie par Téhéran-- à la répression.

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