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18/11/2012 02:40 EST | Actualisé 18/01/2013 05:12 EST

L'audience publique du CRTC sur les licences de Radio-Canada tombe à point

Flickr: James Cridland

MONTRÉAL - Financement instable et à court terme, obligations juridiques à remplir avec des fonds considérés insuffisants: l'audience publique pour le renouvellement des licences de la Société Radio-Canada (SRC) organisée lundi par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) tombe à point.

Le dernier échange du genre remonte à 13 ans, et de l'aveu du président du Conseil provincial du secteur des communications (CPSC), Richard Labelle: «on était dus».

En effet, le CPSC, chapeauté par le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), comparaîtra devant le CRTC lundi afin d'y présenter un énoncé de principes visant à assurer une «radiodiffusion publique saine» au Canada.

Cet énoncé stipule que la SRC a besoin d'un financement public «stable et récurrent», une condition essentielle afin que le diffuseur public puisse accomplir son mandat tel qu'il est défini par la Loi sur la radiodiffusion du Canada, estime Isabelle Doyon, présidente du SCFP 675, qui représente des travailleurs professionnels et de bureau.

La pièce législative oblige notamment Radio-Canada à offrir des services dans les deux langues officielles et ce, partout au pays, à la télévision comme à la radio. Or le dernier budget fédéral prévoit des compressions à la SRC de 115 millions $ sur trois ans, auxquelles se sont ajoutées en octobre dernier des coupes budgétaires de 28,4 millions $. Au total, la suppression d'emplois devrait atteindre les 650 à la société d'État.

De l'avis de Richard Labelle, donc, il est très difficile pour le diffuseur public de remplir son mandat, inchangé, avec un budget qui ne cesse d'être réduit.

«Radio-Canada tente depuis ses débuts de satisfaire les exigences de la loi, qui impose des conditions qui ne sont pas exigées des diffuseurs privés», observe-t-il. «On peut demander à la SRC d'ouvrir des stations dans des marchés où on sait que ce n'est pas la rentabilité qui compte, par exemple. On ne demanderait pas ça à un diffuseur privé.»

Le mandat premier de la SRC n'est pas la rentabilité, certes, mais l'offre d'un service de qualité sur les plans culturel, de l'information et du divertissement l'est bel et bien.

«Radio-Canada se doit donc de trouver le financement nécessaire. Si on coupe d'un côté, il faut aller chercher de l'argent ailleurs», ajoute M. Labelle.

À Ottawa, le porte-parole de l'opposition en matière de Patrimoine et député de Longueuil, Pierre Nantel, croit que le financement de la société d'État est «l'éléphant dans la pièce».

« Le montant lui-même n'est pas tant ce que nous [le Nouveau Parti démocratique] revendiquons que sa stabilisation. Nous proposons que le budget soit échelonné sur un exercice financier de trois ans, par exemple», lance-t-il.

Richard Labelle abonde en ce sens. «Le financement devrait être à long terme, et non d'année en année, une situation qui fait en sorte qu'on ne sait jamais avec qui on va composer, où on va couper», dit-il.

«Ça prend un financement stable et adéquat. Ça pourrait permettre à Radio-Canada de moins solliciter les marchés publicitaires.»