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17/11/2012 11:19 EST | Actualisé 17/01/2013 05:12 EST

Une fois la nuit tombée à Gaza, la terreur s'installe chez les habitants

La nuit est tombée. Les raids aériens s'intensifient. Au troisième étage d'un immeuble du quartier Nasser, dans le nord de la ville de Gaza, Laila Saker a laissé la fenêtre ouverte pour éviter que des éclats de vitre ne blessent sa famille.

A 29 ans, cette mère de deux enfants, Razane, six ans, et Oudaï, quatre ans, est enceinte de huit mois et demi.

"Ma fille Razane n'a pas parlé depuis deux jours. Elle émet rarement un son. Oudaï, lui, est devenu agressif. J'essaye de les détendre. Mais j'ai l'impression que ça ne marche pas", avoue-t-elle.

La rue de leur immeuble est couverte de tessons de fenêtres soufflés. Des drones israéliens bourdonnent dans le ciel.

De temps en temps, on entend la déflagration d'une frappe aérienne. Parfois, c'est une série d'explosions qui se succèdent à un rythme terrifiant, laissant les habitants tremblants de peur, retenant leur souffle.

Les ondes de choc balaient l'appartement, arrachant les rideaux. Le petit immeuble tremble.

Les explosions réveillent en sursaut les enfants. L'un commence à brailler, l'autre cherche du réconfort dans les bras d'un parent. D'autres sont trop apeurés pour pleurer.

"J'ai peur pour le bébé à naître et pour mes enfants. En fait, je voudrais pleurer durant les bombardements mais j'essaye de me contrôler pour eux, je ne veux pas qu'ils aient peur", témoigne Mme Saker.

Jeudi soir, alors que des dizaines de raids aériens pilonnaient Gaza, Laila, terrorisée, s'est enfermée dans sa maison. Le lendemain, elle a décidé de déménager chez ses beaux-parents, en espérant que leur maison serait un refuge plus sûr.

"Dès que je suis arrivée chez eux, je me suis mise à pleurer sans m'arrêter", raconte-t-elle.

Vendredi soir, de nouvelles frappes aériennes entraînent des coupures d'électricité dans l'appartement des beaux-parents.

"Je n'ai jamais vécu une telle nuit, c'était la pire nuit de toute ma vie", dit-elle. Il n'y a pas d'abris anti-bombe à proximité.

Enfin, un calme relatif s'installe. Les frappes s'espacent. Une explosion réveille tout le monde en sursaut. Puis on se rendort.

Samedi matin, à cinq heures, deux raids successifs ébranlent l'immeuble de Laila et sort les habitants du lit. La pièce tangue, l'ampoule se balance au rythme des ombres projetés au plafond.

"Ce que j'ai vu aujourd'hui, c'est un film d'horreur devenu réalité", confie Soha, 18 ans, alors qu'elle se tient devant sa maison avec sa mère. "C'est un miracle d'être encore en vie."

Les familles du voisinage discutent d'un éventuel départ via le poste-frontière de Rafah, à la frontière avec l'Egypte. Mais pour la plupart, quitter Gaza est impossible.

sah-tg-agr/hj

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