NOUVELLES
17/11/2012 10:50 EST | Actualisé 17/01/2013 05:12 EST

Tirs de roquettes: Tel-Aviv secoué mais pas agité

Elad et Hadas sont venus vérifier si le dernier restaurant à la mode de Tel-Aviv dispose d'un abri adéquat avant d'étudier le menu, pour le cas où les sirènes d'alerte retentiraient à nouveau.

"C'est la Guerre du Golfe qui recommence, sauf qu'aujourd'hui ce ne sont plus des missiles Scud mais des roquettes qui tombent", relève Elad, la vingtaine, qui se promène main dans la main avec sa petite amie le long du front de mer de Tel-Aviv, surnommée "la bulle" en raison de son image de ville hédoniste déconnectée du conflit israélo-palestinien.

"Ici, les gens ferment les yeux et sirotent leur café sur les terrasses comme si de rien n'était. Ils refusent de change leurs habitudes", confie Hadas.

En 1991, durant la Guerre du Golfe, les Scuds de Saddam Hussein avaient réussi à perturber la vie quotidienne de Tel-Aviv, surnommée la "ville blanche", la cité "qui ne dort jamais".

Ce lointain cauchemar a resurgi vendredi quand une roquette à longue portée lancée de Gaza s'est abîmée en mer, sans faire de blessé, en face de l'ambassade des Etats-Unis, située sur le front de mer. Du jamais vu depuis plus de 20 ans et une première pour les groupes armés palestiniens. La veille, une autre était tombée un peu moins loin, au large de port de Jaffa.

Certes, les salves de roquettes arrosent régulièrement les localités du sud d'Israël mais elles tombaient loin des boulevards de Tel-Aviv.

Ici, on hésite entre le désir de croire que rien n'a changé et la fatalité d'un conflit majeur, peut-être une offensive des blindés et de l'infanterie, contre la bande de Gaza.

"Ca ne me fait pas du tout peur. Qu'est-ce-que ça change pour moi ? Si les roquettes nous atteignent, tant pis. Mais entretemps, il faut continuer de chanter et de danser", opine Dana Alosh, une gardienne de parking.

"Il faut tuer tous les Arabes!", assure, sur un ton moins enjoué, sa camarade, une jeune femme corpulente originaire de Russie, qui tient un petit kiosque à côté.

"Je suis d'accord avec une invasion de Gaza. Il n'y a pas d'alternative, faute de quoi il faudra continuer à supporter tout cela", déclare une autre Tel Avivienne, Flora, 47 ans, lunettes noire très chic, qui sort son chien sur la promenade.

Plusieurs badauds admettent avoir été surpris par les tirs de roquettes sur Tel Aviv mais rares sont ceux qui reconnaissent avoir eu peur.

"Tous ceux que je connais m'ont dit avoir vérifié l'emplacement des abris", assure Elad.

A ces mots, Hadas éclate de rire. "C'est ce qu'ils prétendent, parce que c'est cool de se présenter comme quelqu'un qui se réfugie dans un abri, mais en réalité personne ne le fait. Cela prendra du temps avant qu'ils aient vraiment peur".

"Il y a une certaine anxiété dans l'air", répond son compagnon, "appelons cela comme ça".

Moins de trois heures après, une roquette à longue portée est interceptée au-dessus de Tel-Aviv par une batterie anti-missile "Iron Dome".

zak-chw-agr/hj