NOUVELLES
17/11/2012 10:10 EST | Actualisé 17/01/2013 05:12 EST

La Serbie est en colère contre un verdict du Tribunal pénal international

Des nationalistes serbes ont brûlé un drapeau croate, samedi, pour protester contre une décision du Tribunal pénal international (TPI) renversant le verdict de culpabilité contre deux généraux croates, et le premier ministre serbe a qualifié la décision de coup porté à la réconciliation dans les Balkans post-guerre.

Plusieurs sont furieux, en Serbie, du fait que les juges d'appel du TPI, sis aux Pays-Bas, aient libéré vendredi Ante Gotovina et Mladen Markac. Les deux hommes avaient précédemment été condamnés à de longues peines de prison pour avoir tué et expulsé des Serbes de Croatie lors d'une offensive en 1995.

Selon le premier ministre serbe Ivica Dacic, ce geste aura de sérieuses conséquences sur les chances de réconciliation dans la région. M. Dacic s'est d'ailleurs demandé comment il était possible d'exiger que la Serbie condamne tous les crimes, alors que rien n'est fait pour condamner les crimes commis contre les Serbes.

Les Croates, pendant ce temps, considèrent que cette décision prouve qu'ils ont été des victimes dans ce conflit des Balkans. Les combats en Croatie se sont inscrits dans la guerre qui a mis la région à feu et à sang à la suite de l'éclatement de la Yougoslavie, dans les années 1990. Les plus violents combats ont eu lieu en Bosnie, où les Serbes ont combattu des musulmans et des Croates pendant quatre ans, au prix d'environ 100 000 morts.

Des centaines de partisans de la formation extrémiste Parti radical serbe se sont rassemblés devant le bâtiment présidentiel, dans le centre de Belgrade, pour exiger que le gouvernement abandonne ses plans visant à rejoindre l'Union européenne et coupe les ponts avec le TPI.

Plus tard, samedi, une manifestation séparée organisée par un autre groupe très à droite a eu lieu devant les bureaux de l'Union européenne.

Des serbes d'allégeance plus libérale ont eux aussi mis en garde contre le fait que le jugement de vendredi créait un sentiment d'injustice et pourrait nourrir des passions nationalistes. Le gouvernement serbe a réduit l'importance de sa coopération avec le tribunal, tandis que le président serbe, Tomislav Nikolic, a parlé d'un verdict politique.

Les médias serbes ont diffusé en boucle, vendredi et samedi, des images de dizaines de milliers de réfugiés Serbo-Croates fuyant en août 1995. Plusieurs ne sont toujours pas rentrés chez eux.

En Croatie, les deux généraux ont reçu un accueil triomphant, vendredi, des dizaines de milliers de personnes en liesse se rejoignant à Zagreb, la capitale, pour les accueillir.