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17/11/2012 06:36 EST | Actualisé 17/01/2013 05:12 EST

Israël cible les symboles du pouvoir du Hamas à Gaza

Israël visait samedi les symboles du pouvoir du Hamas à Gaza et mobilisait parallèlement ses réservistes, laissant planer la menace d'une prochaine invasion terrestre de l'enclave palestinienne.

Israël s'est attaqué ces dernières heures à des cibles symboliques du mouvement islamiste au pouvoir à Gaza, après avoir éliminé mercredi son chef militaire, Ahmad Jaabari.

Une nouvelle phase des opérations est intervenue samedi matin avec la destruction totale du siège du gouvernement du Hamas, en plein coeur de la ville de Gaza.

"Nous avons visé le quartier général d'Ismaïl Haniyeh (le chef du gouvernement)", a affirmé à l'AFP un porte-parole militaire. Un vidéoclip de l'armée a montré l'explosion du bâtiment dans un nuage de fumée.

Une autre frappe a touché la maison du ministre de l'Intérieur, Ibrahim Salah, dans le camp de réfugiés de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, faisant au moins 35 blessés, selon des sources médicales palestiniennes.

Ont été aussi touchés le QG de la police du Hamas, l'Université islamique et le stade "Palestine", la principale enceinte sportive de Gaza, qui ont été endommagés, selon un journaliste de l'AFP.

Interrogé à la radio publique, Alex Fishman, expert des questions militaires du quotidien Yédiot Aharonot, estime que "l'aviation vise désormais des cibles civiles ou para-civiles, car les Palestiniens tirent (des roquettes) à partir de secteurs urbains habités, où il est difficile d'intervenir sans risquer de faire de nombreuses victimes civiles" collatérales.

Selon lui, "le Hamas cherche à obtenir des succès prouvant sa victoire. Le temps est par ailleurs compté pour Israël car les pressions internationales vont se multiplier pour éviter de dangereux dérapages et promouvoir un cessez-le-feu".

"Personne ne veut occuper Gaza, personne n'en veut", a souligné Alex Fishman.

Cité par les médias israéliens, le chef d'état-major, le général Benny Gantz, a estimé qu'"il fallait augmenter le rythme de nos raids aériens".

"Nos forces aériennes ont lancé plus de 830 frappes contre Gaza depuis le début de l'opération +Pilier de défense+" mercredi après-midi, a précisé une porte-parole militaire.

L'armée israélienne affirme avoir détruit une grande partie des infrastructures militaires du Hamas, notamment des pas de tir, des bunkers, des dépôts d'armes et de munitions, des tunnels de contrebande ou encore des bases d'entraînement.

Plus de 380 roquettes de Gaza se sont abattues en Israël et 230 autres ont été interceptées par le système anti-missile Iron Dome depuis mercredi, selon un bilan de l'armée.

Une cinquième batterie Iron Dome a été livrée samedi matin à l'armée de l'air qui l'a déployée dans la région de Tel-Aviv, touchées ces derniers jours par trois roquettes à longue portée.

"Cette batterie est capable d'intercepter les tirs visant Tel-Aviv et Jérusalem", a déclaré à la radio publique un cadre du programme Iron Dome identifié sous le seul nom de "Yossi".

Enfin, quelque 20.000 réservistes, rappelés en urgence, ont rejoint leurs unités, selon l'armée.

Des journalistes de l'AFP ont vu des transports de troupes blindés, des bulldozers et des chars massés près de la barrière à la frontière entre Israël et la bande de Gaza.

Le cabinet restreint, constitué des neuf principaux ministres du gouvernement, a donné son feu vert vendredi soir à la mobilisation de 75.000 réservistes dans la perspective d'une possible intervention terrestre dans la bande de Gaza.

"Il ne s'agit pas d'une guerre généralisée (à Gaza) mais d'une opération dont les objectifs ont été fixés", a tempéré samedi le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman.

"Nous sommes prêts à une large opération terrestre, s'il le faut. Mais, il faut savoir que si une telle opération terrestre est lancée, il sera impossible de l'arrêter au milieu et il faudra la mener jusqu'au bout", a-t-il dit.

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