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16/11/2012 07:15 EST | Actualisé 16/01/2013 05:12 EST

Une roquette vise Jérusalem pour la première fois, l'armée se mobilise

JÉRUSALEM - Des roquettes tirées par le Hamas ont visé Jérusalem pour la première fois vendredi, ainsi que la capitale commerciale de Tel Aviv, témoignant d'une portée sans précédent des roquettes palestiniennes, tandis que l'armée israélienne a pilonné la bande de Gaza pour le troisième jour consécutif.

L'armée israélienne a rappelé quelque 16 000 réservistes, ouvrant la voie à une éventuelle offensive terrestre dans ce petit territoire palestinien.

Les sirènes d'alerte ont retenti vendredi à Jérusalem et à Tel Aviv. Contrairement aux villes du sud du pays, ces deux villes n'avaient jamais été visées auparavant par des tirs de roquettes provenant de la bande de Gaza. On ne rapporte aucun blessé, mais cette tentative du Hamas de frapper au coeur d'Israël pourrait pousser l'armée israélienne à mener une incursion terrestre à Gaza.

Au cours des trois derniers jours, Israël a pilonné sans relâche plusieurs cibles associées au Hamas dans la bande de Gaza, y compris des centres de tirs de roquettes, tandis que le Hamas a tiré plus de 450 roquettes en direction du territoire israélien. Trois personnes ont été tuées par des roquettes jeudi en Israël, tandis que l'offensive aérienne dans la bande de Gaza a fait au moins 27 morts depuis mercredi.

Il y a quelques années encore, les roquettes palestiniennes n'étaient que des engins artisanaux à la portée limitée. Mais au cours des dernières années, les militants du Hamas ont obtenu de nouvelles roquettes à longue portée de l'Iran et de la Libye, un pays où les armes sont abondantes depuis la chute de Mouammar Kadhafi.

Ces roquettes ne sont pas guidées, ce qui en limite la portée, mais Israël croit que le Hamas dispose de quelques missiles guidés qui n'ont pas encore été déployés.

Selon la police israélienne, la roquette tirée vendredi en direction de Jérusalem est tombée dans un endroit désert au sud-est de la ville. Plus tôt dans la journée, les militants de Gaza avaient aussi tiré en direction de Tel Aviv, où une explosion a été entendue. On ne rapporte pas de blessé. Le Hamas avait ciblé Tel Aviv pour la première fois jeudi, un fait sans précédent.

«Notre message est simple: il n'y a aucune sécurité pour tout sioniste, n'importe où en Palestine, et nous prévoyons d'autres surprises», a dit le porte-parole de la branche armée du Hamas, Abou Obeida.

Une porte-parole de l'armée israélienne, la lieutenante-colonelle Avital Leibovich, a expliqué que toutes les options étaient sur la table, y compris celle d'une offensive terrestre. Des dizaines de blindés ont été déployés le long de la frontière avec la bande de Gaza depuis mercredi, après l'assassinat du chef militaire du Hamas par l'armée israélienne.

Elle a indiqué que 16 000 réservistes avaient été rappelés et que 14 000 autres étaient disponibles. Elle n'a pas indiqué à quel endroit les soldats seront déployés.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a demandé au Hamas de mettre fin à ses tirs et à Israël de faire preuve de la plus grande retenue possible.

L'escalade de violence déstabilise encore plus la région. Le gouvernement égyptien a rappelé son ambassadeur en Israël et a dépêché vendredi le premier ministre Hesham Kandil à Gaza en signe de solidarité.

M. Kandil a visité l'hôpital Shifa, dans la ville de Gaza, en compagnie du premier ministre du territoire, Ismail Haniyeh, un membre du Hamas qui apparaissait pour la première fois en public depuis le début de l'offensive israélienne. Un homme s'est précipité vers les deux leaders pour leur remettre le corps d'un garçon de quatre ans qui, selon lui, a été tué lors d'une frappe israélienne, ce que nie Israël.

Luttant pour retenir ses larmes, M. Kandil a affirmé aux journalistes que l'opération israélienne devait cesser.

«Ce que j'ai vu aujourd'hui à l'hôpital, les blessés et les martyrs, ce garçon (...) dont le sang est encore sur mes mains et mes vêtements, sont des choses que nous devons dénoncer», a-t-il dit.

Israël a réfuté avec véhémence avoir lancé quelque attaque que ce soit dans la région depuis la veille. Les violences interfrontalières ont toutefois repris de plus belle dès le départ du premier ministre égyptien.

Le garçon de 4 ans aurait été tué en compagnie d'un jeune homme en début de journée vendredi, quand un missile israélien est tombé à proximité de leur résidence de Jebaliya, près de la ville de Gaza, selon des proches. Le secteur gardait clairement les séquelles d'une explosion récente, avec des murs endommagés et des vitres fracassées. Des voisins ont toutefois affirmé que des responsables avaient rapidement emporté les restes du projectile, rendant son identification impossible.

Tôt vendredi, au moins 85 missiles ont explosé en moins d'une heure dans la ville de Gaza, provoquant d'importantes colonnes de fumée noire au-dessus de la plus importante ville de ce territoire palestinien. L'armée israélienne a expliqué qu'elle cherchait à détruire des sites souterrains utilisés pour le lancement de roquettes.

Un missile a lourdement endommagé le quartier général du ministère de l'Intérieur, tandis qu'un autre a anéanti la maison inhabitée d'un important dirigeant du Hamas. Ces frappes, en plus de celle lancée contre une génératrice près de la maison de M. Haniyeh, permettent de croire que l'offensive israélienne ne se limite plus à des cibles militaires.