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16/11/2012 07:58 EST | Actualisé 16/01/2013 05:12 EST

Première sortie de l'ex-chef de la CIA, David Petraeus, après sa démission

L'ancien chef de la CIA, David Petraeus, devait sortir vendredi de son silence une semaine après sa démission pour adultère, en témoignant à huis-clos devant le Congrès américain sur l'attentat meurtrier du consulat de Benghazi en Libye le 11 septembre.

L'ex-directeur de l'agence américaine du renseignement est arrivé peu avant 07H30 locales (12H30 GMT) au Congrès américain pour deux auditions devant les parlementaires qui enquêtent sur l'attaque de Benghazi, lors de laquelle l'ambassadeur Christopher Stevens et trois autres Américains ont été tués.

M. Petraeus est entré discrètement dans la salle d'audition de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants, à l'abri du regard des journalistes qui le guettaient dans les couloirs du Capitole, siège du Congrès. La commission a confirmé sa présence.

Le général à la retraite dirigeait encore la CIA à l'époque de l'attaque, et lui-même s'est rendu en Libye pour enquêter. Les élus, démocrates comme républicains, ont exigé son témoignage pour évaluer la réponse du gouvernement et de la CIA durant les longues heures qu'a duré l'attaque par des miliciens islamistes lourdement armés.

Mais les auditions pourraient aussi aborder l'affaire ayant conduit à la démission de M. Petraeus le 9 novembre, après la révélation de sa liaison extraconjugale de plusieurs mois avec sa biographe, Paula Broadwell.

L'ancien général à la retraite est visé par une enquête administrative "exploratoire" de la CIA, la puissante agence de renseignements qu'il a dirigée pendant 14 mois, a annoncé jeudi soir l'agence.

L'enquête du FBI, qui dure depuis plusieurs mois et qui a dévoilé l'affaire, se concentre sur Mme Broadwell et les documents confidentiels retrouvés sur son ordinateur, bien qu'à ce stade rien n'ait été trouvé de compromettant pour la sécurité nationale.

Mais officiellement, les auditions de vendredi se concentrent uniquement sur l'"affaire" de Benghazi.

Au coeur des questions: quels moyens ont été mis en place pour venir en aide aux assiégés, alors que l'attaque était vraisemblablement suivie en temps réel par les responsables du gouvernement?

Selon CNN qui citait jeudi soir une source proche de M. Petraeus, celui-ci devrait dire qu'il a su "presque immédiatement" que l'attaque était liée à l'organisation terroriste Ansar al-Charia, en dépit d'une certaine "confusion" alors que 20 rapports de renseignement le liaient à des manifestations contre une vidéo islamophobe.

Jeudi, des membres de la commission du Renseignement du Sénat ont visionné un montage vidéo de l'assaut, constitué de plusieurs caméras, mais ces éléments ainsi que les témoignages des responsables du renseignement interrogés par les élus, restent confidentiels.

La témoignage de M. Petraeus permettra peut-être de comprendre pourquoi l'administration Obama, dans les jours ayant suivi l'attentat, avait évoqué comme élément déclencheur une manifestation contre un film islamophobe qui aurait dégénéré.

Cette thèse --que l'administration a reconnu comme erronée depuis-- avait été reprise sur les plateaux de télévision par l'ambassadrice aux Nations unies, Susan Rice, cinq jours après.

De nombreux élus républicains accusent à demi-mot le président Barack Obama d'avoir cherché à dissimuler le caractère terroriste de l'attaque pour éviter de ternir le bilan du président dans sa lutte contre Al-Qaïda, en pleine campagne présidentielle.

Un autre général quatre étoiles, John Allen, le commandant des forces de l'Otan en Afghanistan, est aussi cité dans l'affaire liée au général Petraeus. Le Pentagone a lancé une enquête sur une correspondance "déplacée" confinant au "flirt" qu'il aurait entretenue avec Jill Kelley, la femme qui a conduit par hasard le FBI à découvrir que M. Petraeus entretenait une relation adultère.

ico/rap