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16/11/2012 02:00 EST | Actualisé 16/01/2013 05:12 EST

Montréal se donne un maire intérimaire anglophone

Un anglophone de 59 ans, Michael Applebaum, a été élu vendredi maire intérimaire de Montréal, onze jours après la démission de Gérald Tremblay, parti en raison d'un scandale de corruption qui éclabousse plusieurs responsables de son administration.

C'est la première fois depuis environ un siècle, de mémoire d'observateur, que la grande ville francophone sera dirigée par un élu dont la première langue n'est pas celle de Molière. Cependant, M. Applebaum s'exprime sans problème en français.

Ancien président du comité exécutif de la ville, il avait démissionné de ses fonctions le 9 novembre dernier, puis avait quitté Union Montréal, le parti de M. Tremblay, quelques jours plus tard.

Sa principale tâche, d'ici les prochaines élections municipales en novembre 2013, sera de rétablir la confiance entre la mairie et les Montréalais, mise à dure épreuve par des révélations sur un vaste réseau de corruption entre entrepreneurs en bâtiment et fonctionnaires municipaux ayant empoché depuis des années des centaines de milliers de dollars de pots-de-vin pour fermer les yeux sur des contrats gonflés.

L'ampleur du phénomène a été largement décrite par plusieurs témoins lors d'audiences publiques de la Commission Charbonneau chargée de faire la lumière sur ce système de collusion.

La pègre d'origine italienne avait elle aussi prélevé une taxe sur les fonds détournés, mais apparemment elle s'était montrée moins gourmande que le parti du maire.

Ce dernier n'a pas fait l'objet d'accusations personnelles, mais il est patent qu'il avait fait preuve d'une négligence étonnante, tolérant dans son entourage des responsables corrompus.

Ces derniers jours, plusieurs conseillers municipaux ont quitté Union Montréal. Mais, s'il n'est plus majoritaire, ce parti reste numériquement important au conseil. M. Applebaum l'a remporté d'une très courte tête, par 31 voix contre 29 au candidat d'Union Montréal Richard Deschamps.

via/jl/rap