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16/11/2012 02:31 EST | Actualisé 15/01/2013 05:12 EST

Israël accepte une trêve pendant la visite du Premier ministre égyptien

Israël a accepté de suspendre une intense offensive aérienne contre la bande de Gaza pendant la visite vendredi matin du Premier ministre égyptien Hicham Qandil, après une nuit de bombardements intensifs sur le territoire palestinien.

Cette décision survient au troisième jour de l'opération "Pilier de défense" déclenchée mercredi après-midi avec l'assassinat à Gaza d'Ahmad Jaabari, chef militaire du mouvement islamiste Hamas, au pouvoir dans le territoire palestinien.

Selon le porte-parole des services d'urgence du Hamas, Adham Abou Selimya, le bilan total depuis mercredi est de 19 Palestiniens tués, dont plusieurs enfants, et 235 blessés. Trois Israéliens ont en outre été tués jeudi lorsqu'une roquette a touché de plein fouet un immeuble d'habitation dans le sud d'Israël.

"Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a répondu favorablement à une demande égyptienne de cesser le feu pendant la visite à Gaza ce matin du Premier ministre égyptien, une visite censée durer environ trois heures", déclaré à l'AFP un haut responsable israélien sous couvert de l'anonymat.

"Dans la réponse que nous avons transmise aux Egyptiens, Israël a indiqué que les forces israéliennes cesseraient le feu à condition qu'il n'y ait pas de tirs hostiles de Gaza vers Israël pendant cette période", a ajouté ce responsable.

M. Quandil est arrivé en début de matinée au terminal frontalier de Rafah dans la bande de Gaza, selon des sources de sécurité du Hamas.

L'Egypte avait été appelée la veille par les Etats-Unis et l'envoyé spécial du Quartette pour le Proche-Orient, Tony Blair, à intervenir auprès du mouvement islamiste pour calmer la situation.

Vendredi à l'aube, l'aviation israélienne a mené de très nombreux raids sur la bande de Gaza, dont plusieurs ont frappé la ville même de Gaza, selon des journalistes de l'AFP et des sources au sein des services de sécurité du Hamas.

"Depuis hier soir jusqu'à maintenant, il y a eu 130 frappes", a indiqué le porte-parole du ministère de l'Intérieur du Hamas, Islam Shahwan, mentionnant des "dizaines de frappes" sur Gaza vendredi matin. Les correspondants de l'AFP sur place ont constaté de multiples raids.

L'armée israélienne a fait état de 466 raids aériens sur Gaza depuis mercredi et de 280 roquettes tirées vers l'Etat hébreu depuis ce même jour, dont 131 ont été interceptées par le système anti-missile Iron Dome.

Selon la police, plus de 50 roquettes ont été tirées de Gaza sur le sud d'Israël pendant la nuit, dont l'une a atteint une maison vide dans un kibboutz.

L'armée a indiqué que 16.000 réservistes avaient commencé à être mobilisés.

Jeudi soir, deux roquettes tirées de Gaza étaient tombées pour la première fois dans la région de Tel-Aviv, marquant un nouveau palier dans la confrontation entre Israël et groupes armés palestiniens.

Ces tirs ont pris les habitants de Tel-Aviv par surprise, provoquant des scènes de panique. "Cela m'a rappelé la guerre du Golfe lorsque Saddam Hussein a tiré des dizaines de missiles vers Tel-Aviv", a confié Pnina, une femme médecin.

La télévision du Hamas à Gaza a en outre montré dans la soirée des images d'un drone israélien que le mouvement islamiste affirme avoir abattu jeudi au-dessus de Gaza. L'armée israélienne a affirmé n'avoir perdu aucun aéronef.

Jaabari est le plus important chef militaire palestinien à avoir été tué par une frappe israélienne depuis la fin de la dévastatrice offensive "Plomb durci" (décembre 2008-janvier 2009).

A l'étranger, Washington et Londres ont clairement soutenu le droit d'Israël à se défendre contre le Hamas qu'ils estiment responsables de l'escalade, la Russie jugeant, quant à elle, que les raids israéliens étaient une réaction "disproportionnée" aux tirs de roquettes du Hamas considérés également comme "inacceptables".

M. Blair a appelé le Hamas à cesser ses tirs et la France a dit qu'il était "temps d'arrêter cette escalade dangereuse".

Cette vaste opération militaire survient alors que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est en plein campagne électorale, en vue des élections cruciales du 22 janvier.

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