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16/11/2012 12:10 EST | Actualisé 16/01/2013 05:12 EST

Dix questions à deux auteurs-illustrateurs

Bruno St-Aubin et Mélanie Watt font partie des invités d'honneur du Salon du livre de Montréal. Ces deux auteurs-illustrateurs de livres pour enfants nous parlent de leur métier.

Bruno, pourquoi avoir choisi la littérature jeunesse?

« J'ai une personnalité assez enfantine. J'aime taquiner et me faire taquiner, je suis rieur et souriant. J'aime beaucoup le dessin et j'ai toujours adoré les belles oeuvres pour enfants et les BD. »

Préférez-vous écrire ou illustrer?

« J'ai choisi un public cible d'environ 7 ans parce que les illustrations ont une importance capitale pour eux. Je peux laisser beaucoup d'espace à l'illustration, qui exprime une grande partie de la narration. L'illustration est une majeure partie de ma vie, de mon travail, mais avec le temps, la création littéraire prend plus de place. »

Qu'est-ce qui définit votre style?

Je fais de l'humour un peu cabotin. Je décris le monde et les comportements tels que vus par des enfants. Mon dessin est assez expressif, plein l'humour. L'important est d'y trouver du plaisir, le plaisir de créer. Si je n'ai pas ça, je vais ennuyer les enfants et les adultes.

Qu'est-ce qui vous inspire?

Mes enfants m'ont longtemps inspiré, et je puise dans mes propres expériences. Je transforme la réalité avec des yeux d'enfants. Les enfants que je rencontre dans les écoles m'inspirent aussi.

Que représente le Salon du livre pour vous?

Ça fait près de 25 ans que je vais dans les Salons du livre pour faire la promotion de la lecture auprès des enfants. Quand j'étais jeune, j'étais plus ou moins un lecteur, j'étais un dessinateur, j'avais de la difficulté en français. Je suis donc bien placé pour convaincre les jeunes de lire un peu.

Mélanie, pourquoi avoir choisi la littérature jeunesse?

« Ce n'est pas vraiment un choix, c'était plutôt un hasard. Dans un cours d'illustration à l'UQAM, j'avais comme projet d'illustrer un livre sur la couleur. J'ai décidé d'inventer une histoire avec un personnage. Ma prof Michèle Lemieux m'a aidée et encouragée. On a envoyé le livre a une maison d'édition, et voilà! »

Qu'est-ce qui vous inspire?

« Je me rappelle très bien mon enfance. Je ne sais pas pourquoi je m'en rappelle si bien. Je me souviens même de ma première journée de maternelle. Je me sers de ces souvenirs-là et je regarde ce qui se passe autour de moi, dans la société. »

D'où vient l'idée de Frisson l'écureuil?

« Je voulais un personnage nerveux, qui a peur de l'inconnu. L'écureuil se prêtait bien à cette métaphore. Il habite dans un arbre et n'a pas besoin de quitter sa maison. C'est aussi inspiré de la société de peur dans laquelle nous vivons. »

Qu'est-ce qui définit votre style?

« Mon style change à chaque personnage. C'est ce que j'aime faire. Avant tout, j'ai étudié en design graphique. Je soigne le design de mon univers, je veux que mes personnages soient différents. Pour Frisson, le personnage est naïf, les couleurs sont en aplat. Il y a moins de textures et de dimensions. Pour Chester, c'est pas mal différent. C'est vraiment un univers plus créatif visuellement, il y a plus de techniques et de médiums comme l'aquarelle, l'acrylique, de l'assemblage par ordinateur dans Photoshop. »

Qu'est ce que représente le Salon du livre?

« C'est le fun, le contact direct avec lecteurs. Les tout-petits sont vraiment honnêtes dans leurs commentaires. C'est rafraîchissant de partager ce moment de retrouvailles avec les amis et la famille. C'est un bel endroit de rencontre. »

Une entrevue d'Audrey Bourget