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16/11/2012 06:00 EST | Actualisé 16/01/2013 05:12 EST

Damas sous les bombes, le chef de l'opposition syrienne à Londres

Les quartiers sud de Damas et la banlieue proche étaient sous les bombardements des forces syriennes vendredi, le chef de la nouvelle Coalition de l'opposition effectuant à Londres sa première visite dans une capitale occidentale.

Comme chaque vendredi, les militants anti-régime ont appelé à manifester, cette semaine en soutien à la Coalition nationale qui chapeaute une grande partie des mouvements syriens d'opposition.

Son chef Ahmad Moaz Al-Khatib était à Londres où il doit rencontrer le chef de la diplomatie britannique William Hague.

Ce dernier entend lui demander un "projet clair de transition" préalable à toute reconnaissance par la Grande-Bretagne dans la foulée de la France.

"Nous aimerions être dans une position de la reconnaître comme la seule représentante légitime du peuple syrien mais je veux en savoir plus sur ses projets", a-t-il déclaré sur la BBC, qui veut notamment savoir comment la Coalition "va procéder à des nominations, si les Kurdes seront inclus et quel est son soutien en Syrie".

"Nous discuterons aujourd'hui d'une assistance non-létale supplémentaire, mais pas d'armes", a-t-il ajouté. La France, principal appui occidental de la coalition, a dit jeudi vouloir poser la question de la levée de l'embargo européen sur les livraisons d'armes défensives à la rébellion syrienne.

M. Khatib doit ensuite se rendre samedi à Paris, où les ministres allemand, polonais, espagnol et italien réunis jeudi sont tombés d'accord pour saluer la nouvelle coalition annoncée dimanche à Doha, sans aller plus loin.

Outre la France, seules les monarchies du Golfe, suivies par la Turquie jeudi, ont reconnu la Coalition comme la représentante du peuple syrien.

Sur le terrain, Damas et sa banlieue proche étaient bombardés vendredi par l'armée syrienne, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), faisant également état de combats à Alep (nord).

Des habitants de Damas ont indiqué à l'AFP ne pas avoir fermé l'oeil de la nuit en raison des pilonnages nocturnes.

Dans la capitale, au coeur des combats depuis près de deux semaine, "plus de la moitié des rues, notamment les plus petites, sont fermées à la circulation", se lamente Abou Mohammed, chauffeur de taxi. En outre, les barrages se sont multipliés, tenus par les services de sécurité ou par des habitants loyaux au régime.

Selon des militants et l'OSDH, les bombardements ont repris dans le sud de la capitale, que rebelles et armée se disputent depuis plusieurs jours, notamment sur la ville de Mouadamiya al-Cham et sur Hajar al-Aswad.

Des explosions étaient également entendues à Tadamoun et près du camp de réfugié palestiniens de Yarmouk.

La périphérie est, place forte des rebelles, a été également ciblée, notamment Douma et Erbine, a indiqué dans un communiqué l'OSDH, une organisation basée au Royaume-Uni s'appuyant sur un réseau de militants et de sources médicales dans les hôpitaux civils et militaires du pays.

A Alep, la métropole du nord de la Syrie, des combats opposaient les forces régulières à des groupes rebelles autour de l'aéroport militaire de Nayrab, que les insurgés ont tenté de prendre à plusieurs reprises au cours des derniers mois sans succès.

Des quartiers d'Alep ont également été bombardés et des combats s'y sont déroulés tôt vendredi, selon l'OSDH.

Dans la province de Homs, les forces du régime ont tenté de prendre la ville de Rastane où des combats violents les ont opposées aux rebelles qui s'y sont barricadés.

Jeudi, les violences ont fait 121 morts à travers la Syrie, selon un bilan de l'OSDH.

Vingt mois après les premières manifestations anti-régime ayant lancé une révolte devenue conflit armé, le bilan total des violences dépasse désormais 39.000 morts selon l'OSDH.

bur-cnp/sw