NOUVELLES
16/11/2012 10:10 EST | Actualisé 16/01/2013 05:12 EST

Astral discute avec Bell dans l'espoir que leur union soit approuvée par le CRTC

MONTRÉAL - Astral Media (TSX:ACM.A) discute toujours avec Bell (TSX:BCE) dans l'espoir de trouver une façon de convaincre les autorités réglementaires de les laisser s'unir.

Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a rejeté le mois dernier leur proposition de transaction de 3,4 milliards $ en affirmant qu'elle ne représentait pas le meilleur intérêt des Canadiens.

Astral a indiqué vendredi qu'elle continuait à rechercher les approbations réglementaires nécessaires, notamment en déposant une nouvelle demande auprès du CRTC.

Le projet de mariage entre les deux sociétés est assujetti à l'approbation du CRTC et du Bureau de la concurrence.

«Bien qu’Astral ait pour politique de ne pas faire de commentaire sur les spéculations et les rumeurs du marché, elle confirme qu’elle est en pourparlers avec Bell pour continuer de chercher à obtenir les approbations des autorités de réglementation visant l’acquisition d’Astral par Bell, entre autres en déposant une demande auprès du CRTC», a affirmé Astral dans un communiqué.

«Le calendrier et les détails de la demande n’ont pas encore été établis. La société tiendra ses investisseurs au courant de toute évolution importante à cet égard», a poursuivi la société.

BCE a pour sa part refusé de commenter la situation vendredi.

Des sources bien au fait des discussions ont affirmé au quotidien torontois The Globe and Mail que, dans sa nouvelle mouture destinée à séduire le CRTC, la proposition d'achat impliquerait une vente aux enchères de certaines chaînes anglophones d'Astral.

Lorsqu'il a rejeté l'entente originale, le président du CRTC, Jean-Pierre Blais, avait noté que BCE aurait détenu 42,7 pour cent du marché de la télévision de langue anglaise et 33 pour cent du marché francophone si la transaction était allée de l'avant.

«BCE n'a pas apporté de preuve convaincante que la transaction profiterait aux Canadiens», a expliqué Jean-Pierre Blais dans sa décision annoncée le mois dernier.

«Cette transaction aurait donné un immense pouvoir commercial à l'une des plus grandes entreprises canadiennes de médias. Pour assurer la solidité du système canadien de radiodiffusion, le CRTC aurait dû imposer des balises étendues et importunes, qui auraient nui à toute l'industrie», a-t-il poursuivi.

Mais Bell s'était dite en désaccord avec cette conclusion, affirmant plutôt que Bell et Astral auraient détenu, ensemble, 33,5 pour cent du marché anglophone et 24,4 pour cent du marché francophone, deux proportions largement conformes aux règles.

La différence entre les deux prend son origine dans le fait que Bell tient compte de ses concurrents américains dans ses calculs, ce que ne fait pas le CRTC.

Le CRTC a indiqué que si un nouveau projet de prise de contrôle lui était soumis, il devrait être substantiellement différent que celui qu'il a rejeté.

Le Globe and Mail a indiqué dans son édition de vendredi que les deux géants médiatiques, qui sont tous deux établis à Montréal, avaient repris leur discussions quelques jours après que la première version de la vente eut été rejetée par le CRTC.

La date limite imposée à Bell et Astral pour présenter une nouvelle proposition d'achat avait été repoussée au 16 décembre.

Astral Media possède 25 chaînes de télévision, parmi lesquelles The Movie Network, HBO Canada, Super Écran, le Canal D, Musique Plus, Teletoon et Disney Junior, de même que plus de 80 stations de radio.

BCE est pour sa part propriétaire du réseau de télévision CTV et voit en Astral une façon de faire croître son offre de contenu numérique pour les ordinateurs et les téléphones intelligents et les tablettes électroniques, ainsi que pour la télévision traditionnelle.

L'action d'Astral Media a avancé vendredi de 2,14 $, soit 5,1 pour cent, à la Bourse de Toronto, où elle a clôturé à 44,40 $, tandis que celle de BCE a avancé de 61 cents à 41,99 $.