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15/11/2012 02:47 EST | Actualisé 15/01/2013 05:12 EST

Xi Jinping devient le nouveau numéro du régime communiste chinois

PÉKIN, Chine - Xi Jinping, 59 ans, a été consacré jeudi à Pékin comme nouveau numéro un du régime, succédant à Hu Jintao à la tête du Parti communiste chinois (PCC) en attendant de prendre ses fonctions de chef d'État en mars.

Au lendemain de la clôture du 18e Congrès du PCC, M. Xi est apparu jeudi sur la scène du Grand Palais du peuple à Pékin en compagnie de six autres dignitaires qui vont assurer la direction collective du pays pour les dix prochaines années.

Le Comité central du Parti, dont les 205 membres ont été élus mercredi par 2268 délégués, a d'abord désigné un Bureau politique d'environ 25 membres. C'est dans ce groupe qu'ont été choisis les sept membres, contre neuf précédemment, du nouveau Comité permanent du Politburo, le sommet du pouvoir. Outre Xi Jinping, la nouvelle équipe dirigeante comprend notamment Li Keqiang, qui devrait devenir premier ministre au printemps 2013 en remplacement de Wen Jiabao.

Après avoir présenté ses collègues, sous les flashes et les caméras, Xi Jinping a pris la parole pour un discours de 20 minutes retransmis à la télévision officielle.

«Nous ferons tout pour mériter votre confiance et remplir notre mission», a-t-il affirmé. «Il existe également de nombreux problèmes urgents au sein du Parti qui devront être résolus, en particulier la corruption», a ajouté le nouveau secrétaire général du PCC, reprenant un des thèmes abordés durant le Congrès qui vient de s'achever. «Nous ne devons ménager aucun effort pour résoudre ces problèmes. Le Parti tout entier doit rester vigilant», a-t-il dit.

Xi Jinping a par ailleurs pris la tête de la puissante commission militaire du Parti, qui supervise l'armée, a annoncé l'agence de presse officielle Chine Nouvelle. Il s'agit d'une rupture par rapport aux pratiques observées jusqu'à présent. Habituellement, les numéros un sortants, dont l'ancien président Jiang Zemin encore influent à 86 ans, continuaient à siéger à ce poste important après leur départ, durant une période de transition variable, afin de conserver leur emprise sur le pouvoir. Jiang Zemin s'était ainsi accroché pendant plus de deux ans à la présidence de la commission militaire, ce qui avait compliqué la tâche de Hu Jintao. Cette fois-ci, le président sortant n'est pas resté à la tête de la commission.

À 69 ans, Hu Jintao laisse une Chine forte sur le plan économique, mais confrontée à un ralentissement de la croissance et en proie à de fortes tensions sociales. Son bilan a été sévèrement critiqué, fait inhabituel pour un dirigeant chinois aussi haut placé. Certains organes de presse et surtout le Web, moins censuré, lui ont reproché d'avoir manqué l'occasion de s'attaquer à des problèmes qui se sont aggravés, des inégalités entre riches et pauvres à la dégradation de l'environnement, en passant par la corruption, un fléau qui peut porter un coup fatal au Parti, a averti Hu Jintao. D'anciens membres du PCC, des universitaires et d'autres commentateurs incitent Xi Jinping à procéder à des réformes politiques, à rendre le système plus transparent et à progresser vers la démocratie.

Il ne faut toutefois pas s'attendre à de grands changements, note Willy Lam, un expert de la politique chinoise qui enseigne à l'université chinoise de Hong Kong. «Les réformes seront reléguées à l'arrière-plan. Sur le plan politique, ce sera gelé. Totalement gelé», avance-t-il.

Dali Yang, professeur de sciences politiques à l'université de Chicago, est du même avis. Les dirigeants chinois, avant tout préoccupés par la pérennité du système, «ne veulent pas d'un Gorbatchev chinois», estime-t-il.

Dernier secrétaire général du Parti communiste de l'Union soviétique de 1985 à 1991, Mikhaïl Gorbatchev a mis en oeuvre la Perestroïka, politique de libéralisation qui a débouché sur la chute de l'URSS en 1991.