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15/11/2012 09:32 EST | Actualisé 15/01/2013 05:12 EST

Virtual Regatta: à la barre d'un voilier du Vendée Globe dans son salon

A l'abri des embruns dans leur salon, des centaines de milliers d'internautes tiennent la barre virtuelle d'un voilier du Vendée Globe, se levant parfois la nuit pour changer de cap grâce à un jeu en ligne à rendre accros les plus réfractaires : Virtual Regatta.

"Je suis dedans depuis le début grâce aux données météorologiques en temps réel. Le jour du départ (des Sables-d'Olonne en Vendée, le 10 novembre, ndlr) il y avait deux routes possibles. J'ai choisi de descendre plein sud avant l'accalmie puis j'ai mis le cap à l'ouest", raconte Philippe Barrier, 38 ans, cameraman chez les pompiers en région parisienne et passionné de voile.

Comme lui et sans jamais avoir mis le pied sur un bateau parfois, près de 300.000 internautes participent virtuellement sur Internet (www.virtualregatta.com) à la mythique course, gratuitement ou pour quelques euros avec des options comme un pilote automatique.

Les retardataires peuvent s'inscrire à tout moment, leur bateau étant alors placé en queue de peloton. La densité d'embarcations en mer virtuelle ressemblait cette semaine à un essaim d'abeilles qui avait atteint 340.000 participants, français et étrangers, lors de la première édition, il y a quatre ans.

En fonction des vents réels dont la force et la direction leur sont régulièrement communiquées, les joueurs dirigent leur voilier virtuel comme s'ils naviguaient aux côtés des 19 concurrents.

"On n'a pas les embruns mais on retrouve les mêmes sensations qu'en mer. Je suis un compétiteur dans l'âme et c'est formidable de pouvoir participer à une grande compétition en temps réel avec autant de monde", ajoute Philippe, dont le voilier, "Le_Filou", était 10.047ème jeudi.

"On s'amuse. On peut s'échouer, faire demi-tour, être presque à l'arrêt mais contrairement aux skippeurs, on ne risque pas de percuter un chalutier", explique Louis André, chef de produit à Many Players. Basée en Ile-de-France, et spécialisée dans l'édition de jeux en ligne, cette société a mis au point Virtual Regatta en 2006.

"Notre objectif était de faire connaître la voile au plus grand nombre. Il est largement atteint", se réjouit-il, précisant que si des skippeurs confirmés comme Michel Desjoyeaux (deux fois vainqueur du Vendée Globe, ndlr) y jouent, "environ la moitié des inscrits n'ont jamais navigué".

L'un des avantages du jeu est qu'il permet aux internautes de "définir une stratégie pour 12 heures grâce à des cartes météo actualisées quotidiennement à 7H57 et 19H57", explique Louis André.

"J'essaie de jouer peu et d'avoir la plus grande visibilité à sept jours. Si je me prépare bien, je n'ai plus qu'à checker ensuite", explique Philippe qui consacre "30 minutes par jour" à sa course en ligne et navigue "sans options", en vrai "puriste".

Un choix que David Houzelot, 43 ans, alias "Dadouteam_1", 6.000ème mercredi, ne peut concevoir : "c'est comme si on naviguait au sextant", autant dire impossible, dit ce chef d'entreprise qui pour une vingtaine d'euros a opté pour un GPS, pilote automatique et un choix de voiles, "un vrai confort de nuit".

"On joue avec le vent, on anticipe, on se tire la bourre et on trouve des copains. Beaucoup jouent en équipe et se relaient. On peut y passer une minute comme des heures", dit David, véritable "voileux".

Une vraie déception l'attendait pourtant jeudi matin : à la suite d'une "avarie" informatique qui a planté le site pendant cinq heures dans la nuit, il avait perdu 25.000 places. Le comité de course, composé de joueurs expérimentés et de membres de Many Players, planchait sur le problème.

ls/pjl/alh