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15/11/2012 02:54 EST | Actualisé 15/01/2013 05:12 EST

Un tir de roquette sème l'angoisse à Tel Aviv

Le tir d'une roquette au large du port de Jaffa, au sud de Tel-Aviv, a pris ses habitants par surprise, provoquant des scènes de panique dans la capitale économique d'Israël, à l'image de ville hédoniste déconnectée du conflit palestinien.

Au bureau, "on a tous flippé, on ne savait pas où se trouvait l'abri. On s'est tous regardé sans savoir quoi faire pendant quelques secondes avant de se précipiter dans la rue", explique Shira Pinkas, une architecte de 39 ans, qui travaille dans un quartier huppé du sud de la ville.

Les automobilistes se sont arrêtés, sans pour autant savoir quoi faire.

Zeev, cadre dans une agence financière, rentrait chez lui: "J'ai cru qu'il s'agissait d'une fausse alerte. J'ai été à ce point stupéfait que je ne suis même pas sorti de ma voiture, je me suis contenté d'écouter les informations sur mon auto-radio".

Dans les immeubles aussi, la confusion la plus totale a régné.

"Tout d'un coup, tous les habitants de l'immeuble se sont retrouvés dans la cage d'escalier en se demandant où il fallait aller", explique Sylvia, une psychologue d'origine brésilienne installée depuis plus de 20 ans en Israël.

"Nous sommes tous descendus vers l'abri collectif, pour constater qu'il était fermé à clé", poursuit-elle.

Moshé, un jardinier de quarante ans habitant dans le centre de Tel Aviv, a ressenti "une très étrange impression d'irréalité, comme s'il s'agissait d'un rêve, ou plutôt d'un cauchemar qui devenait subitement réalité".

"J'ai eu du mal à y croire sur le moment. Après je me suis dit que décidément, les Palestiniens cherchaient vraiment la guerre. Ils savent parfaitement que Bibi (le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu) va leur faire payer très cher cet affront", prédit-il.

Pnina, une femme médecin d'une soixantaine d'années, est en colère.

"Cela m'a rappelé la guerre du Golfe, lorsque Saddam Hussein (le président irakien de l'époque) a tiré des dizaines de missiles vers Tel Aviv et que nous étions obligés de courir aux abris. Il ne faut en aucun cas que cela redevienne une routine et que les civils se retrouvent en première ligne. Notre armée doit casser le Hamas", lance-t-elle.

En 1991, lors de la guerre du Golfe, 39 missiles Scud irakiens s'étaient abattus en Israël, faisant deux morts, des centaines de blessés et d'importants dégâts dans la région de Tel-Aviv.

Dan, un ingénieur informaticien est plus serein. "J'habite et je travaille à Tel Aviv, mais j'ai étudié pendant quatre ans à Beersheva (dans le sud d'Israël), où j'ai entendu à de multiples reprises des sirènes, des explosions... Cela faisait partie de ma vie quotidienne".

"Mais j'ai dû rassurer ma soeur qui est enceinte, mère d'une petite fille de deux ans qui s'est mise à trembler pendant quelques secondes", ajoute-t-il.

A Jaffa, une réception à la résidence de l'ambassadeur de France en l'honneur d'une délégation d'imams français a été brusquement interrompue par l'alerte, et la déflagration a fait trembler les murs du bâtiment.

Passé les premiers moments de stupeur, Tel Aviv s'est calmée. La circulation a repris. Tout semblait normal mais selon les commerçants, les passants sont un peu moins nombreux que d'habitude en ce jeudi soir, qui marque le début du week-end en Israël.

"Chacun se précipite à la maison pour regarder les infos à la télévision et savoir ce qui s'est passé et ce qui risque d'arriver", explique un marchand de journaux du nord de Tel Aviv.

Dans une rue, une femme originaire de Beersheva discute avec une amie de Tel Aviv: "Je ne pensais pas entendre ça ici. Maintenant, vous allez comprendre".

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