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15/11/2012 03:25 EST | Actualisé 15/01/2013 05:12 EST

Ottawa est invité à la prudence dans le projet Muskrat Falls

SAINT-JEAN, T.-N.-L. - Des organismes estiment que le gouvernement fédéral ne devrait pas offrir une garantie de prêt pour le projet hydroélectrique de Muskrat Falls, à Terre-Neuve-et-Labrador, tant qu'il n'aura pas été soumis à l'examen d'une autorité réglementaire indépendante.

Ottawa affirme que le projet de 7,4 milliards $ est viable, et qu'un conseiller financier travaille déjà à finaliser la garantie de prêt.

Le premier ministre Stephen Harper avait promis une aide fédérale au projet lors de l'élection fédérale de 2011, ce qui avait été décrié au Québec comme une subvention injuste.

L'appui d'Ottawa pourrait permettre d'économiser des centaines de millions de dollars aux coûts d'emprunt associés à ce projet qui prévoit la transmission de l'hydroélectricité produite au Labrador vers l'île de Terre-Neuve et la Nouvelle-Écosse par le biais de câbles sous-marins.

Mais les organismes Démocratie en surveillance et la Fédération canadienne des contribuables sont d'avis qu'Ottawa devrait exiger que Muskrat Falls reçoive d'abord l'aval d'une autorité réglementaire indépendante.

Kevin Lacey, directeur pour l'Atlantique de la Fédération canadienne des contribuables, a décrié le fait que le projet n'avait pas été révisé par un organisme autre que le gouvernement provincial.

«C'est au contribuable qu'incombera le fardeau financier et il devra donc avoir le droit de voir tous les documents présentés à une autorité réglementaire indépendante», a-t-il lancé. Pour lui, le gouvernement fédéral ne devrait pas investir l'argent des contribuables dans le projet avant qu'il ne soit révisé.

Tyler Sommers de l'organisme Démocratie en surveillance abonde dans le même sens, soulignant que la garantie de prêt devrait être conditionnelle à l'approbation d'un organisme réglementaire.

«La question est à savoir s'il s'agit de la meilleure utilisation de fonds de contribuables», a-t-il dit.

La première ministre Kathy Dunderdale affirmé que les experts embauchés par son gouvernement ont conclu que le projet est l'option la plus viable pour combler les besoins énergétiques futurs de la province.

Elle a soutenu que le travail des experts avait été contrôlé, validé et expliqué lors de réunions publiques à travers la province.

Mais ses critiques arguent que tous les rapports commandés par le gouvernement n'équivalent pas à un examen réglementaire.

Mme Dunderdale affirme depuis plusieurs semaines que la garantie de prêt ou l'équivalent promis par le premier ministre Stephen Harper lors la dernière campagne électorale fédérale est sur le point de se concrétiser.

«Nous aurons le garantie de prêt avant de sanctionner le projet», a-t-elle dit, ajoutant qu'elle était en contact quotidien avec des responsables fédéraux.

Le gouvernement progressiste-conservateur majoritaire de la province devrait approuver sous peu le projet malgré le fait que son coût ait augmenté à 7,4 milliards contre 6,2 milliards en 2010.

La société d'État Nalcor s'est associée à l'entreprise privée néo-écossaise Emera (TSX:EMA) pour le projet. Cette dernière financera un lien de transmission sous-marin pour apporter à la Nouvelle-Écosse l'électricité produite par le projet.