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15/11/2012 08:53 EST | Actualisé 15/01/2013 05:12 EST

Missiles et roquettes pleuvent sur le sud d'Israël et Gaza

L'intensification des hostilités entre Israël et les Palestiniens de la bande de Gaza a fait au moins 10 morts jeudi de part et d'autre de la frontière.

Jeudi matin, au moins sept Palestiniens ont été tués lors de bombardements de l'aviation, de la marine et de l'artillerie israéliennes dans les villes de Gaza et de Khan Younès.

Les combattants palestiniens ont de leur côté tué trois civils israéliens lors du tir de plusieurs dizaines de roquettes sur le territoire israélien. Les trois personnes se trouvaient dans un immeuble de la ville de Kiryat Malachi, à 25 km au nord de Gaza, lorsque la fusée explosive a atteint leur immeuble.

Le système israélien d'interception « Dôme de fer » aurait abattu des dizaines de roquettes artisanales en provenance de la bande de Gaza jeudi matin. Israël rapporte le tir d'environ 200 roquettes contre son territoire.

Ce regain de tension important entre Israéliens et Palestiniens survient au deuxième jour d'une offensive des forces israéliennes contre des groupes armés du Hamas, qui contrôlent la bande de Gaza.

Mercredi, l'aviation israélienne a abattu le chef des opérations de la branche armée du Hamas, Ahmad Jaabari, en pleine ville, d'un tir de missile guidé. Les forces aériennes israéliennes ont effectué environ 150 frappes en territoire palestinien depuis mercredi.

Au moins 15 Palestiniens ont été tués et 150 autres blessés depuis le début de l'opération israélienne baptisée Pilier de Défense, selon l'Agence France-Presse.


Israël déterminé à poursuivre l'offensive

Selon notre correspondante en Israël, Ginette Lamarche, des colonnes de blindés et de troupes israéliens convergeaient jeudi matin vers la frontière de la bande de Gaza. Ce qui laisse croire au déclenchement d'une offensive terrestre imminente contre la bande de Gaza.

À Tel-Aviv, le ministre israélien de la Défense, Ehoud Barak, a signifié qu'Israël poursuivra ses opérations contre Gaza.

« Nous en sommes au début, pas à la fin, de cette opération. Il n'y aura pas de solution miracle, mais nous atteindrons les buts que nous avons fixés », a souligné M. Barak.

Il a également exhorté les dirigeants de la région à agir « judicieusement et à garder la tête froide afin de promouvoir la stabilité et le retour au calme ».

L'Égypte hausse le ton

Le gouvernement égyptien, qui joue le rôle de médiateur entre le Hamas et Israël, a rappelé mercredi son ambassadeur en Israël pour protester contre ce qu'il a qualifié d'agression inacceptable de la part d'Israël contre les Palestiniens.

Le Parti de la liberté et de la justice (PLJ), l'aile politique du mouvement des Frères musulmans, dont est issu le président égyptien Mohamed Morsi, a de son côté prévenu que Le Caire ne « permettrait plus que les Palestiniens soient l'objet d'une agression israélienne comme par le passé ».

Israël « doit se rendre compte que les choses ont changé dans le monde arabe et en particulier en Égypte », a souligné le PLJ.Jeudi, l'Égypte a officiellement demandé une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU sur la reprise des hostilités entre Israéliens et Palestiniens. La réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU n'a débouché sur aucune décision.

Barack Obama appelle à la retenue

À Washington, le président des États-Unis, Barack Obama, s'est entretenu avec le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et le président égyptien Mohamed Morsi pour tenter de désamorcer la situation et les exhorter à oeuvrer pour une « désescalade de la violence ».

Condamnation de Moscou

À Moscou, le gouvernement russe a condamné jeudi l'offensive israélienne qu'il a qualifiée de « réaction disproportionnée » tout en précisant que les attaques du Hamas contre Israël sont « inacceptables ».

« Les attaques dans le sud d'Israël aussi bien que les bombardements disproportionnés [d'Israël] sur Gaza, en particulier quand ils font des victimes civiles des deux côtés, sont totalement inacceptables », a déclaré le ministre des Affaires étrangères russe, Alexandre Loukachevitch.

Londres accuse le Hamas

Londres, de son côté, accuse le Hamas d'être « le principal responsable de la crise actuelle » à Gaza et en Israël. « Je condamne totalement les attaques à la roquette depuis Gaza vers le sud d'Israël, mené par le Hamas et d'autres groupes armés », a expliqué jeudi le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague dans un communiqué.