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15/11/2012 09:56 EST | Actualisé 15/01/2013 05:12 EST

Malgré les ripostes, le Sud d'Israël loue l'opération contre Gaza

"Il était temps de réagir", disent les habitants du sud d'Israël exposés aux roquettes de Gaza en se félicitant des frappes israéliennes sur le territoire palestinien, malgré les ripostes et trois morts jeudi à Kiryat Malachi.

"Même si les tirs se poursuivent, l'opération militaire doit continuer jusqu'à ce qu'on ait le calme ici", opine Gaby Peretz, un collègue de l'un des civils israéliens tués en début de matinée à Kiriat Malachi, une ville populaire de 20.000 habitants à 30 km de la bande de Gaza.

"Les Palestiniens doivent payer le prix fort", martèle-t-il, aux côtés du député d'extrême droite Michaël Ben Ari venu "soutenir les habitants du quartier".

"Israël doit cesser d'utiliser des pincettes. Gaza doit être rouge du sang des terroristes", assène le parlementaire, applaudi, qui comme ses collègues de la Knesset (Parlement) est en campagne électorale avant le scrutin du 22 janvier.

Les visites de ministres se succèdent dans l'immeuble dévasté de la rue Chabad à Kiryat Malachi, chacun renchérissant sur la nécessité de l'offensive contre Gaza malgré la situation d'insécurité pour les habitants.

"Nous n'avons pas d'autre choix que de poursuivre l'opération", plaide le ministre de l'Intérieur Elie Yishaï.

Les ambassadeurs de France et de Grande-Bretagne sont venus visiter Kiryat Malachi, condamnant les tirs de roquettes de Gaza et demandant que "les populations civiles israéliennes comme palestiniennes soient épargnées".

"Nous sommes à bout de nerfs depuis des années à cause de ces tirs de roquettes, il est temps de ramener le calme", affirme Israël Bitane, 49 ans, originaire de Netivot, petite ville proche de Gaza.

Il a passé la nuit avec sa femme, ses six enfants, sa mère nonagénaire et une quarantaine de personnes dans un abri public de crainte des représailles palestiniennes à l'élimination mercredi par l'armée israélienne du chef militaire du Hamas à Gaza, Ahmad Jaabari.

La moitié des occupants de l'abri sont des enfants qui jouent en pyjama tandis que les adultes suivent l'évolution de la situation sur un écran de télévision.

"Demain, on part passer quelques jours chez la famille dans le nord du pays", confie Yaniv Alon, père de trois enfants qui évoque "un sentiment d'impuissance ces derniers jours". "Chaque alerte est un moment d'angoisse, je ne peux plus vivre dans cette situation", ajoute-t-il.

Sa fille Liel, 14 ans, raconte "la maison qui tremble, la peur d'aller à l'école le matin, la course la nuit vers l'abri quand l'alerte retentit".

Dans ce quartier modeste de Netivot, on applaudit l'opération militaire israélienne lancée mercredi.

"On ne veut pas vivre avec la question permanente de savoir où se réfugier, et cette opération nous rassure car elle peut mettre fin aux attaques palestiniennes sur tout le sud du pays", assure Israël Bitane.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, surnommé Bibi, "a compris que sans attaque sur Gaza maintenant, on n'aurait pas voté pour lui", ajoute ce camionneur qui toute sa vie a voté pour le Likoud, le parti de droite de M. Netanyahu.

"Bravo Bibi! On est avec toi!", commentent les voisins quand le bruit des explosions de roquettes couvre les conversations.

La menace des tirs n'a pas fait changer le programme des élèves de Hemdat Hadarom, un institut religieux de formation d'enseignantes.

Près de 40 filles se sont rassemblées pour fêter l'anniversaire de l'une d'elles. Leurs dortoirs sont équipés d'abris où elles se réfugient à chaque alerte.

Pour le rabbin Elie Kling, qui dirige le département français de l'institut, "on continue la vie normalement tant que les autorités ne nous demandent pas d'évacuer nos élèves".

"Nous attendons depuis longtemps cette riposte, et nous félicitons les autorités d'avoir pris enfin la bonne décision. Même si on nous demande de rester un mois dans les abris, on le fera avec joie", assure David Bouskila, le maire de Sdérot, une autre ville du Sud.

mib-agr/sw