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15/11/2012 04:41 EST | Actualisé 14/01/2013 05:12 EST

Malgré les représailles, le Sud d'Israël loue l'opération contre Gaza

"Il était temps de réagir", se félicite Israël Bitane, habitant de Netivot, une ville du sud d'Israël régulièrement visée par les roquettes de Gaza, tandis que des hélicoptères israéliens en route vers l'enclave palestinienne survolent sa maison.

En pleine nuit, Israël Bitane est passé quelques minutes chez lui pour prendre de quoi nourrir sa famille, réfugiée depuis quelques heures dans un abri public voisin.

Près de 40 personnes ont passé la nuit dans cet abri avec M. Bitane, dont sa femme, ses six enfants et sa mère nonagénaire, de crainte des représailles palestiniennes à l'élimination mercredi par l'armée israélienne du chef militaire du Hamas à Gaza, Ahmad Jaabari.

La moitié des occupants de l'abri sont des enfants qui jouent en pyjama tandis que les adultes suivent l'évolution de la situation sur un écran de télévision.

"Nous sommes à bout de nerfs depuis des années à cause de ces tirs de roquettes, il est temps de ramener le calme", affirme Israël Bitane, né il y a 49 ans dans cette petite ville située à une vingtaine de kilomètres de la bande de Gaza.

Touchée à plusieurs reprises par des roquettes depuis le début de la semaine, Netivot ressemble à une ville fantôme, ses habitants étant cloîtrés dans leurs maisons ou dans des abris publics depuis l'annonce de la mort d'Ahmad Jaabari.

"Demain, on part passer quelques jours chez la famille dans le nord du pays", confie Yaniv Alon, père de trois enfants qui évoque "un sentiment d'impuissance ces derniers jours".

"Chaque alerte est un moment d'angoisse, je ne peux plus vivre dans cette situation", ajoute-t-il.

Sa fille Liel, 14 ans, raconte "la maison qui tremble, la peur d'aller à l'école le matin, la course la nuit vers l'abri quand l'alerte retentit".

Dans ce quartier modeste de Netivot, on applaudit l'opération militaire israélienne lancée mercredi.

"On ne veut pas vivre avec la question permanente de savoir où se réfugier, et cette opération nous rassure car elle peut mettre fin aux attaques palestiniennes sur tout le sud du pays", assure Israël Bitane.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, surnommé Bibi, "a compris que sans attaque sur Gaza maintenant, on n'aurait pas voté pour lui", ajoute ce camionneur qui toute sa vie a voté pour le Likoud, le parti de droite de M. Netanyahu.

"Bravo Bibi! On est avec toi!", commentent les voisins quand le bruit des explosions de roquettes couvre les conversations.

La menace des tirs n'a pas fait changer le programme des élèves de Hemdat Hadarom, un institut religieux de formation d'enseignantes.

Près de 40 filles se sont rassemblées pour fêter l'anniversaire de l'une d'elles. Leurs dortoirs sont équipés d'abris où elles se réfugient à chaque alerte.

Ces étudiantes, venues de France dans le cadre d'un programme d'échange de l'institut, sont inquiètes mais n'envisagent pas de repartir.

"Je me sens en sécurité malgré le stress", explique Annaëlle Nahum, 18 ans, qui veut prendre la nationalité israélienne.

Sa camarade, Jennifer Dadouche, raconte que ses parents sont plus inquiets qu'elle.

"Quand je leur parle au téléphone, j'essaie de les rassurer en leur expliquant que ce n'est qu'une épreuve", dit-elle.

Pour le rabbin Elie Kling, qui dirige le département français de l'institut Hemdat Hadarom, "on continue la vie normalement tant que les autorités ne nous demandent pas d'évacuer nos élèves".

"Nous attendons depuis longtemps cette riposte, et nous félicitons les autorités d'avoir pris enfin la bonne décision. Même si on nous demande de rester un mois dans les abris, on le fera avec joie", assure David Bouskila, le maire de Sdérot, une autre ville du Sud.

Le jour s'est levé. A Kiryat Malachi, plus au nord, une roquette vient de dévaster le dernier étage d'un immeuble, tuant trois des occupants.

mib-agr/cnp

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