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15/11/2012 05:29 EST | Actualisé 15/01/2013 05:12 EST

Les autorités jordaniennes préviennent qu'elles ne toléreront pas les casseurs

AMMAN, Jordanie - Les autorités jordaniennes ont averti jeudi qu'elles réprimeraient avec une main de fer les instigateurs des violences lors des manifestations, tandis que l'opposition, dominée par les islamistes, a promis de poursuivre le mouvement de protestation.

Les manifestations, qui ont commencé mardi à travers la Jordanie en réponse à la hausse des prix de l'essence et du gaz annoncée par le gouvernement, sont les plus importantes dans le royaume depuis le début du Printemps arabe dans la région, il y a deux ans.

Des hommes armés ont tiré avantage du chaos dans les rues pour ouvrir le feu sur deux postes de police mercredi, blessant 17 personnes, dont 13 policiers, selon les autorités. L'un des assaillants a été tué dans la fusillade qui a suivi.

«Nous réprimerons avec une main de fer ceux qui violent la loi en provoquant des troubles», a déclaré le général Hussein Majali, chef de la police nationale, en ajoutant que les autorités n'auraient aucune tolérance pour de tels actes.

Depuis mardi, 157 manifestants, dont deux réfugiés syriens, ont été arrêtés pour des violences dans les rues, a indiqué le général Majali. Les Syriens ont avoué avoir été payés par un parti politique jordanien non identifié afin de participer à la manifestation, a ajouté le chef de la police.

D'autres «hors-la-loi» ayant des dossiers criminels ont tiré avantage de la situation pour cambrioler des banques et des résidences, et pour voler des voitures, a indiqué le général Majali. Des attaques ont aussi été signalées contre des postes de police, des transformateurs électriques et un autocar de tourisme. Des hommes armés ont lancé une grenade sur un bureau gouvernemental mercredi, a-t-il dit.

Un manifestant jordanien a été tué et 71 autres personnes, dont 54 policiers, ont été blessées dans la centaine d'émeutes qui ont éclaté depuis deux jours à travers le pays, selon le chef de la police.

Les manifestations se sont étendues aux 13 camps de réfugiés palestiniens de Jordanie. À Baqaa, près d'Amman, quelque 400 jeunes Palestiniens ont lancé des pierres aux policiers et ont brûlé des pneus pour bloquer les rues, selon des résidants et la police. Les policiers ont répliqué en lançant des gaz lacrymogènes.

La Jordanie abrite deux millions de réfugiés palestiniens et leurs descendants déplacés par la guerre israélo-arabe de 1967.

Jamil Abu-Bakr, un leader des Frères musulmans jordaniens, a déclaré que son groupe continuerait d'organiser des manifestations jusqu'à ce que la décision du gouvernement soit renversée. Il a indiqué que la prochaine manifestation était prévue vendredi à Amman, et qu'une grève générale était prévue dimanche.