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15/11/2012 10:12 EST | Actualisé 15/01/2013 05:12 EST

Le Congrès américain entend de hauts responsables sur l'affaire Benghazi

Le Congrès américain convoquait jeudi de hauts responsables du gouvernement pour faire la lumière sur l'attaque du consulat américain de Benghazi en Libye, le 11 septembre, une affaire politisée qui prend la tournure d'un bras de fer entre Barack Obama et les républicains.

Les deux commissions du Renseignement de la Chambre des représentants et du Sénat ont convoqué plusieurs hauts responsables gouvernementaux à huis clos dans le but de comprendre en détails comment l'ambassadeur Christopher Stevens et trois autres Américains ont été tués dans la nuit du 11 septembre lors d'un assaut à l'arme lourde par des miliciens islamistes.

Le directeur par intérim de la centrale du renseignement (CIA), Michael Morrell, doit se rendre aux auditions à la place de David Petraeus, le patron de la CIA au moment des faits qui a démissionné vendredi après la révélation d'une liaison extraconjugale. M. Petraeus se rendra finalement lui-même au Congrès vendredi matin pour faire part de ses propres conclusions sur les circonstances de l'attaque.

Le directeur adjoint du FBI, l'agence chargée de l'enquête en Libye, Sean Joyce; un secrétaire d'Etat adjoint, Patrick Kennedy; et le patron de l'antiterrorisme américain Matthew Olsen doivent aussi se rendre au Congrès jeudi.

Démocrates et républicains entendent tous deux exercer leurs responsabilités constitutionnelles de tutelle du renseignement, mais les républicains voient dans l'affaire une mise en accusation de la gestion de l'attaque par l'administration Obama, qualifiée de passive, incompétente voire cynique.

"Soit ce président et cette administration sont coupables d'incompétence colossale, soit ils se sont lancés dans une entreprise de dissimulation, mais dans les deux cas c'est inacceptable pour les Américains", a lancé le sénateur John McCain, ancien rival présidentiel de Barack Obama en 2008, et l'une des voix les plus écoutées du Sénat, mercredi.

Première question posée par les républicains: pourquoi la sécurité n'avait-elle pas été renforcée autour des deux complexes diplomatiques de Benghazi?

John McCain insiste que le consulat avait déjà été attaqué deux fois, en avril et en juin, s'interrogeant jeudi matin dans une interview télévisée: "Il y avait un énorme volume de preuves indiquant qu'il y avait un grand danger. Et aucune mesure n'a été prise pour se préparer à la possibilité d'une attaque".

Le mois dernier, deux ex-responsables de la sécurité des postes diplomatiques en Libye avaient admis devant le Congrès que le niveau de sûreté à Benghazi était insuffisant, et qu'Al-Qaïda augmentait sa présence dans la zone.

Le président a vertement répondu aux critiques mercredi à l'occasion d'une conférence de presse, sa première depuis sa réélection le 6 novembre, en affirmant avoir "transmis toutes les informations" aux élus.

"Je peux vous dire qu'immédiatement après avoir appris que les nôtres étaient en danger, j'ai donné des ordres à mon équipe de sécurité nationale pour que tout soit fait pour assurer leur sécurité", a expliqué le président.

Des troupes étaient en alerte et prêtes à être déployées si besoin mais le Pentagone avait décidé de ne pas intervenir car les conditions sur le terrain étaient incertaines.

Après l'attaque, le Pentagone avait dépêché des équipes de Marines à Tripoli et au Yémen pour renforcer la sécurité des postes diplomatiques.

Les flèches des républicains visent surtout l'ambassadrice aux Nations unies, Susan Rice, qui avait porté la parole du gouvernement le 16 septembre, cinq jours après l'attaque, en affirmant sur les plateaux de télévision que l'attaque correspondait à une manifestation contre une vidéo islamophobe ayant dégénéré --ce qui, selon le président, correspondait aux informations disponibles à l'époque.

Les républicains interprètent, à demi-mot, ces premières déclarations comme une volonté d'étouffer le caractère terroriste de l'attaque en pleine campagne présidentielle, ce qui aurait pu ternir le bilan de Barack Obama dans le combat contre Al-Qaïda.

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