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15/11/2012 11:09 EST | Actualisé 15/01/2013 05:12 EST

La GRC arrête deux personnes pour fraude avec l'aide de fonctionnaires corrompus

OTTAWA - Le propriétaire de l'Institut technique Aviron et sa conjointe ont reçu la visite des policiers de la Gendarmerie Royale du Canada (GRC) jeudi matin pour avoir tenté d'éluder 6 millions $ d'impôt.

L'homme d'affaire Reza Tehrani et sa conjointe Liora Suissa devront faire face à des accusations de complot, de fraude, d'abus de confiance par un fonctionnaire et de corruption de fonctionnaires.

Si le nom de M. Tehrani peut sembler familier, c'est qu'il avait défrayé les manchettes en novembre 2010 après avoir été enlevé par deux hommes masqués alors qu'il s'apprêtait à monter à bord de sa voiture. Le père de famille avait été libéré par ses ravisseurs le lendemain, en apparente bonne santé. Interrogé sur les détails du rapt par les policiers, M. Tehrani s'était montré peu bavard.

Par ailleurs, l'an dernier, il a gagné un procès où il était accusé d'avoir fraudé des institutions financières pour le compte de son frère Mehdi.

Cette fois-ci, l'Unité d'enquête sur la corruption de la section des délits commerciaux de la GRC croit qu'il a tenté d'éviter de payer sa juste part d'impôt à l'aide de fonctionnaires corrompus de l'Agence de revenu du Canada, et ce, pour ses deux compagnies, l'Institut technique Aviron et L. R. Print Sol. Il aurait également cherché à obtenir un crédit d'impôt illégitime pour son bénéfice personnel à titre d'actionnaire de 2M Automation.

«Notre enquête a commencé en 2008 à la suite d'anomalies qui ont été observées par l'Agence du revenu du Canada», a expliqué le caporal Luc Thibault de la GRC.

«Il y a énormément de documents. On parle ici dans le cas de M. Tehrani d'infractions qui ont eu lien entre 2005 et 2008.»

M. Tehrani et Mme Suissa, 49 ans, qui font face respectivement à 13 et cinq chefs d'accusation, comparaîtront le 18 décembre au palais de justice de Montréal.

L'opération Coche a été mise sur pied en 2008 afin de répondre à des allégations de corruption de fonctionnaires à Revenu Canada. Elle compte neuf arrestations à son actif, dont celle — très médiatisée — de l'entrepreneur en construction Tony Accurso au mois d'août dernier. Elle a aussi mis la main sur l'ancien chef d'équipe à Revenu Canada, Adriano Furgiuele.

«Il pourrait y avoir d'autres arrestations à venir», a expliqué M. Thibault, puisque plusieurs autres enquêtes sont encore ouvertes.