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15/11/2012 05:02 EST | Actualisé 14/01/2013 05:12 EST

Crise humanitaire près de Damas, Obama prudent face à la Coalition

La région de Damas était jeudi sous les bombes, des militants dénonçant une situation humanitaire critique à l'approche de l'hiver, au lendemain du refus par le président américain Barack Obama de voir dans la Coalition de l'opposition le futur exécutif provisoire de la Syrie.

Les Etats-Unis, qui réclamaient avec insistance l'unification des rangs de l'opposition, ont salué la Coalition, M. Obama soulignant son caractère "diversifié et représentatif".

Mais il a aussi prévenu que les Etats-Unis n'étaient "pas prêts à les reconnaître comme une sorte de gouvernement en exil", évoquant la Syrie lors de sa première conférence de presse depuis sa réélection pour quatre ans.

La France, qui elle est à la pointe du soutien à l'opposition remodelée, a annoncé qu'elle poserait la question à ses partenaires européens d'une levée de l'embargo sur "les armes défensives" pour aider la rébellion.

Seule puissance occidentale à ouvrir la porte à de possibles livraisons d'armes à l'opposition armée au président Bachar al-Assad, la France recevra samedi cheikh Ahmad Moaz al-Khatib, le chef de la Coalition, que Paris considère comme une alternative crédible au régime qui pourrait prendre les rênes du pays à sa chute.

Réagissant pour la première fois depuis la formation de la Coalition, le vice-ministre des Affaires étrangères Fayçal Mekdad avait qualifié mercredi d'"immorale" cette reconnaissance, jugeant "inacceptable" un éventuel armement des rebelles par Paris.

Dans un entretien à l'AFP, il avait en outre qualifié la réunion à Doha sur l'unification de l'opposition de "déclaration de guerre", accusant la Coalition de ne pas vouloir "résoudre pacifiquement la crise" en refusant "tout dialogue avec le gouvernement".

La Russie, fervent soutien de Damas, et les monarchies du Golfe, qui veulent armer les rebelles, se sont rencontrés mercredi à Ryad.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a jugé que la priorité était d'arrêter l'effusion de sang, voyant dans l'accord de Genève une solution. Cet accord ne contient aucun appel au départ de M. Assad, une exigence pourtant catégorique de l'opposition, que M. Lavrov a jugé non représentative.

Vingt mois jour pour jour après les premières manifestations anti-régime ayant lancé une révolte devenue conflit armé, l'OSDH a annoncé que le bilan total des violences dépassait désormais 39.000 morts.

Sur le terrain, l'armée poursuivait sa vaste opération sur Damas et sa région, concentrant son pilonnage sur Daraya et de Mouadamiya al-Cham, deux villes proches de la capitale, et sur les quartiers sud de Damas où rebelles et soldats s'opposent depuis plusieurs jours, selon l'OSDH.

A Daraya et Mouadamiya al-Cham, les militants ont fait état d'une situation humanitaire critique, avec l'électricité coupée et des habitants qui se ruaient vers les abris.

Les médias d'Etat ont récemment multiplié les informations sur des "infiltrations terroristes" dans la capitale et ses alentours, affirmant que l'armée parvenait à les déjouer.

Les autorités, en proie depuis mi-mars 2011 à une révolte populaire devenue conflit armé, affirment lutter contre des "groupes terroristes" armés et financés par l'étranger.

Dans le Golan frontalier d'Israël, où des échanges de tirs entre les deux armées ont eu lieu pour la première fois depuis 1974, l'ONU a démenti avoir donné son accord à Damas pour agir contre les rebelles dans cette zone.

Le ministre israélien de la Défense Ehud Barak, qui a déjà ordonné à plusieurs reprises des tirs vers la Syrie, a affirmé que son armée veillerait à ce que les violences ne gagnent pas son territoire.

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