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15/11/2012 05:47 EST | Actualisé 15/01/2013 05:12 EST

Conférence nationale de la mouvance islamiste au pouvoir au Soudan

Une conférence nationale réunissant quelque 5.000 islamistes liés au gouvernement du président Omar el-Béchir s'est ouverte jeudi à Khartoum, poussée par des réformistes inspirés par le Printemps arabe.

Cette conférence à laquelle participent également 170 islamistes venus de l'étranger est prévue sur trois jours. Elle est la première du Mouvement islamique depuis les révoltes du Printemps arabe ayant notamment conduit les islamistes au pouvoir en Egypte et en Tunisie, via des élections démocratiques.

L'islamiste Omar el-Béchir est arrivé au pouvoir au Soudan à la suite d'un coup d'Etat militaire en 1989.

Amine Hassan Omer, un responsable du Mouvement islamique, reconnaît "un sentiment général d'un besoin de changement" dans le Mouvement, notamment d'une direction plus jeune.

Mais les appels seront probablement ignorés, estiment des analystes, à l'instar de Khalid Tigani, rédacteur en chef du magazine hebdomadaire économique Elaff.

Selon lui, "cela pourrait conduire à une nouvelle division" au sein du Mouvement, auquel appartiennent la majorité des dirigeants du parti du Congrès national (au pouvoir) mais seul 12% des membres.

La mouvance islamiste est divisée depuis plus d'une décennie, après que Hassan Tourabi, autrefois mentor de M. Béchir, a rompu avec le président.

Le Mouvement islamique cherche les moyens de "rétablir la confiance dans la nouvelle génération", souligne jeudi un éditorial du journal anglophone The Citizen pour qui "le mouvement doit s'unifier par tous les moyens".

Le journal appelle à adhérer aux "valeurs islamiques", à combattre la corruption, le népotisme, le tribalisme et autres maux, que les détracteurs imputent au gouvernement actuel.

Ghazi Salaheddine, ancien conseiller de M. Béchir et possible candidat à la présidence du Mouvement, souhaitait récemment dans un article du journal Al-Sudani que le Mouvement islamique soit indépendant du gouvernement.

Le Mouvement islamique est simplement un outil utilisé par ceux au pouvoir pour continuer à contrôler le gouvernement "au nom de l'islam", estime M. Tigani, ministre d'Etat à la présidence.

La succession de M. Béchir -- qui a annoncé qu'il allait démissionner de son poste de chef du Congrès national fin 2013 -- sera aussi présente même si "rien de spécifique" sur cette question ne doit sortir de cette conférence, selon M. Omer.

it/feb/sw