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15/11/2012 05:44 EST | Actualisé 15/01/2013 05:12 EST

Canada: Québecor appelle l'Etat à défendre les contenus audiovisuels locaux

Le grand conglomérat canadien de médias Québecor a appelé jeudi Ottawa à faire de "l'intervention éclairée" pour soutenir les producteurs et les diffuseurs nationaux de contenus audiovisuels face à la concurrence étrangère et à favoriser l'exportation.

"Le salut des industries culturelles canadiennes se doit, selon nous, de passer de plus en plus par l'exportation", a déclaré un vice-président de Québecor, Serge Sasseville, lors du Forum France-Canada sur les contenus numériques qui se tient jeudi et vendredi à Ottawa.

Il a expliqué que son groupe était confronté à des concurrents tels que le loueur américain de vidéos en ligne et à la demande Netflix, les groupes américains informatique Apple ou internet Google, qui ont des finances solides et pouvent amortir leurs investissements à l'échelle mondiale avec "de formidables économies d'échelle".

"Qui plus est, ces sociétés n'ont pas à supporter le poids des mêmes régulations et limitations que leurs homologues canadiens", a souligné M. Sasseville dans une allocution prononcée en français et en anglais.

"Elles n'ont pas à ajouter la taxe sur les ventes sur les abonnements ou la location de films. Elles n'ont pas à suivre les règles sur le contenu canadien ni à le financer. Elles peuvent s'assurer des exclusivités là où c'est impossible pour les sociétés canadiennes", a-t-il poursuivi, citant l'exemple du plus grand succès de Québecor, la version canadienne de Star Académie.

Ses producteurs pourraient en accorder l'exclusivité à Netflix, mais ne peuvent pas l'offrir à Vidéotron, branche télévision-internet-téléphonie de Québec, en raison de règles imposées par l'organisme compétent canadien, le CRTC.

Qui plus est, les concurrents étrangers utilisent les réseaux que Vidéotron et d'autres entreprises canadiennes ont construits en investissant des milliards de dollars, a-t-il affirmé.

"Cela ne peut plus continuer. Les entreprises canadiennes doivent pouvoir compter sur un environnement réglementaire qui les aide à affronter sur un pied d'égalité leurs rivaux étrangers", a asséné le vice-président de Québecor.

Quant aux exportations, il propose de revoir les programmes d'aides publiques qui favorisent la production locale et de rééquilibrer le système actuel où les subventions publiques mettent les producteurs de films à l'abri, alors que les distributeurs sont mis à contribution.

Enfin, M. Sasseville a plaidé pour un cinéma viable sur le plan commercial alors que "de 2005 à 2011, les parts de marché du cinéma québécois en salles ont chuté drastiquement de 18,2% à 9,9%" et que "en 2012, elles sont en deçà de 4%".

Ce discours intervient au lendemain de l'annonce de la suppression de 500 postes dans Sun Media, la branche presse de Québecor.

via/sab/are