NOUVELLES
15/11/2012 01:35 EST | Actualisé 15/01/2013 05:12 EST

Au moins 44 morts dans des combats entre le M23 et l'armée dans l'est du Congo

GOMA, République Démocratique Du Congo - Au moins 44 combattants du Mouvement du 23 mars (M23) ont été tués jeudi lors de combats contre l'armée dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), a annoncé le gouverneur de la province du Nord-Kivu, Julien Paluku.

Les deux camps se sont accusés mutuellement d'avoir déclenché les combats.

«Le M23 nous a attaqués vers 5 h du matin», a déclaré le colonel Olivier Hamuli, tout en précisant que les combats se poursuivaient toujours vers 15 h.

Le porte-parole du M23, Bertrand Bisimwa, a accusé l'armée d'avoir attaqué les rebelles à Kitagoma, près de la frontière avec l'Ouganda.

Depuis le mois d'août, les membres de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs tiennent des négociations à Kampala, en Ouganda, pour tenter de trouver une solution au conflit. Un cessez-le-feu avait été annoncé, mais les tensions entre les deux camps n'ont cessé d'augmenter ces deux dernières semaines, alors que les négociations semblaient s'achever sans solution.

Les combats ont éclaté jeudi à Rugari, une ville située entre les positions du M23 et de l'armée congolaise à 30 kilomètres de Goma, la capitale provinciale, puis à 15 kilomètres de Kanyaruchinya, un camp où plus de 60 000 personnes se sont réfugiées depuis le début du conflit.

Plus de 250 familles ont fui les affrontements jeudi et sont arrivées au camp de Kanyaruchinya, a indiqué un témoin contacté par l'Associated Press à Goma.

La situation s'est tendue dans l'est de la RDC avec l'apparition du M23, qui regroupe d'anciens membres supplétifs de l'armée congolaise, et que le gouvernement congolais soupçonne d'être soutenu par le Rwanda.

Ces soldats tutsis congolais, autrefois mobilisés par Kinshasa pour lutter contre les rebelles hutus rwandais dans la région sous la bannière du Conseil national pour la défense du peuple (CNDP), se sont révoltés cette année, en reprochant au gouvernement congolais de ne pas les avoir intégrés dans l'armée régulière comme le stipulait un accord conclu le 23 mars 2009.

Le Rwanda a pour sa part rejeté un rapport de l'ONU l'accusant de soutenir activement le M23, dirigé par l'ancien général Bosco Ntaganda, recherché pour crimes de guerre par la Cour pénale internationale. Les rebelles, qui contrôlent les collines situées à 30 kilomètres de Goma, ont depuis établi une administration parallèle dans les territoires qu'ils contrôlent.