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15/11/2012 11:34 EST | Actualisé 15/01/2013 05:12 EST

Appel au sang neuf au sein de la mouvance islamiste au pouvoir au Soudan

Le Mouvement islamique, base du gouvernement islamiste du président soudanais Omar el-Béchir, a ouvert jeudi à Khartoum une grande conférence nationale sur un appel au renouvellement qui risque de rester trop timide aux yeux des réformistes inspirés par le Printemps arabe.

Le vice-président Ali Osmane Taha, qui achève son second mandat à la tête du mouvement, a plaidé pour des changements en vue d'une nouvelle Constitution pour le Soudan et d'une amélioration des libertés.

Pour cela, il faut "une injection de sang neuf parmi les dirigeants du Mouvement islamique, ainsi qu'un renouvellement du programme du mouvement", a déclaré M. Taha.

Quelque 5.000 islamistes, dont une centaine d'étrangers venus de 30 pays, participent à cette conférence quadriennale du mouvement, la première depuis les révoltes du Printemps arabe ayant conduit les islamistes au pouvoir en Egypte et en Tunisie, via des élections démocratiques.

Au Soudan, les islamistes sont au pouvoir depuis 23 ans, après un coup d'Etat mené par M. Béchir. Une frange réformiste estime que le régime s'est éloigné de ses fondations religieuses, mais selon des experts, les appels au changement ne devraient pas aboutir pendant les trois jours de la conférence.

"Cela pourrait conduire à une nouvelle division" au sein du Mouvement, auquel appartiennent la majorité des dirigeants du parti du Congrès national (PCN, au pouvoir) mais seuls 12% des membres, estime même le journaliste économique Khalid Tigani.

La mouvance islamiste est déjà divisée depuis la rupture il y a plus de 10 ans entre M. Béchir et son ancien mentor Hassan Tourabi.

Ghazi Salaheddine, ancien conseiller de M. Béchir et possible candidat à la succession de M. Taha, a récemment souhaité que le Mouvement islamique soit indépendant du gouvernement.

Khaled Mechaal, le chef en exil du Hamas, figurait parmi les personnalités étrangères invitées, au deuxième jour d'une vaste offensive dans la bande de Gaza, contrôlée par le mouvement islamiste palestinien.

Israël "est faible et ne peut pas l'emporter à Gaza", a assuré M. Mechaal à la conférence. Il était entouré d'importantes mesures de sécurité, en particulier un brouillage des téléphones portables dans tout le périmètre du palais des congrès.

La question de la succession de M. Béchir plane aussi sur ce congrès. Le président soudanais, qui a subi selon les médias officiels une opération aux cordes vocales la semaine dernière en Arabie saoudite, a annoncé qu'il quitterait la président du PCN fin 2013.

M. Béchir est revenu à Khartoum pour la conférence, où il est apparu tout sourire en assurant aux "frères" de Gaza que "toutes les nations islamiques" étaient à leurs côtés.

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