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14/11/2012 03:36 EST | Actualisé 14/01/2013 05:12 EST

USA: des républicains comparent l'affaire Benghazi au scandale du Watergate

L'ancien chef de la CIA David Petraeus, qui a démissionné vendredi après la révélation d'une liaison avec sa biographe, témoignera au Sénat sur l'attaque contre le consulat américain de Benghazi, une affaire que le républicain John McCain compare au scandale du Watergate.

Le sénateur John McCain a indiqué à des journalistes mercredi que M. Petraeus se rendrait bien en personne devant la commission du Renseignement du Sénat, répondant ainsi à la demande de parlementaires. La CIA n'a pas commenté ces informations.

"Le général Petraeus, comme vous le savez, participera à l'audition devant la commission du Renseignement", a-t-il indiqué en conférence de presse, avant d'indiquer plus tard que cela aurait lieu lors de l'audition déjà programmée de jeudi.

Mais la date précise de l'audition ne semblait toutefois pas définitivement calée, contrairement à ce que laissait entendre M. McCain.

Le sénateur Carl Levin, membre de la commission, a dit qu'il ne savait pas quand viendrait M. Petraeus, tandis que la présidente de la commission, Dianne Feinstein, a refusé de donner une date. Des médias avaient indiqué dans un premier temps qu'il viendrait vendredi.

John McCain a appelé à la formation d'une commission parlementaire spéciale au Sénat pour enquêter sur les événements de Benghazi, dans lesquels l'ambassadeur et trois autres Américains ont été tués dans un assaut à l'arme lourde, le 11 septembre.

"Il est essentiel que le Congrès conduise sa propre enquête indépendante. Je veux être parfaitement clair: l'administration n'a aucune crédibilité, pour la plupart d'entre nous, concernant les multiples controverses et contradictions soulevées dans la gestion de cette affaire", a lancé John McCain.

M. McCain a évoqué les précédents des affaires du Watergate et des ventes secrètes d'armes à l'Iran dans les années 1980 (dit "Iran-Contra") pour justifier le regroupement en une seule instance des enquêtes menées par plusieurs commissions --une comparaison très chargée de sens, qui devrait encore faire monter la tension autour de l'affaire.

"Au Watergate, personne n'est mort, pour Iran-Contra personne n'est mort", a relevé M. McCain, dont la voix est l'une des plus écoutées du Congrès. "Il est clair qu'il y aura des résistances, il y a eu des résistances contre la commission du 11-Septembre (...) il y a eu des résistances contre la commission du Watergate".

"Le parti au pouvoir n'aime jamais avoir une commission spéciale", a poursuivi M. McCain.

Le Watergate décrit cette affaire d'espionnage sur le parti démocrate organisé par le président Richard Nixon, et qui a conduit à sa démission en 1974.

"Pourquoi n'y avait-il pas de contingents prêts à intervenir le 11 septembre, malgré de nombreuses séries d'informations selon lesquelles une attaque était très probable, en particulier le 11 septembre?" s'est interrogé l'ancien candidat à la présidentielle, qui critique aussi l'administration Obama pour avoir mis plusieurs jours avant de qualifier formellement l'attaque de terroriste.

Interrogé sur les nombreux rebondissements des derniers jours, dont la révélation de correspondances volumineuses entre le général John Allen et Jill Kelley, M. McCain a estimé que cela "méritait une enquête approfondie et complète".

"Il y a d'un côté du bizarre, de l'étrange et des faiblesses humaines, et de l'autre une question légitime concernant une éventuelle atteinte à la sécurité nationale", a ajouté le sénateur Lindsey Graham. "Le but de cette enquête est que des professionnels puissent écouter les témoignages de tout le monde, que les mêmes sénateurs puissent écouter les témoignages de tous de façon à séparer le bizarre des enjeux de sécurité nationale".

La commission spéciale réclamée par John McCain et d'autres sénateurs regrouperait des sénateurs de toutes les commissions concernées, mais nécessite l'accord de la majorité démocrate du Sénat pour être créée.

ico/rap