NOUVELLES
14/11/2012 12:25 EST | Actualisé 14/01/2013 05:12 EST

Les libéraux fédéraux donnent le coup d'envoi de leur course au leadership

OTTAWA - La liste des participants à la chefferie du Parti libéral du Canada (PLC) devrait se préciser très prochainement, alors que le parti a donné mercredi le coup d'envoi officiel de la course.

Une candidate a profité de cette date pivot pour se lancer officiellement dans la mêlée. L'ancienne députée ontarienne Martha Hall Findlay souhaite en effet briguer la direction du PLC une deuxième fois, après avoir tenté sa chance en 2006.

Mme Hall Findlay a fait son annonce en Alberta, une province profondément conservatrice, qui boude les libéraux depuis des lustres. «C'est que j'ai la ferme intention de diriger un parti qui est vraiment national», a-t-elle signalé pour expliquer son choix de lancer sa campagne à Calgary.

Avocate, femme d'affaire, mère de trois enfants, Mme Hall Findlay s'est présentée comme une candidate d'expérience, fonceuse, qui souhaiterait voir le PLC être dans l'action, plutôt qu'en réaction aux attaques de ses adversaires.

«Il faut affronter Thomas Mulcair exactement où il faut et où il est le plus vulnérable: l'économie. Il faut combattre Stephen Harper, l'affronter lui-même, et non simplement attendre et réagir sur la défensive aux prochaines séries de publicités négatives», a-t-elle soutenu.

Elle a recruté Stephen Carter à titre de directeur de campagne, l'homme derrière les succès du maire de Calgary Naheed Nenshi et de la première ministre albertaine Alison Redford.

Après le célèbre député de Papineau et fils d'ancien premier ministre, Justin Trudeau, elle est la seconde figure connue du public à faire le saut.

D'autres candidats — qui n'ont toutefois jamais occupé de siège au Parlement — ont déjà annoncé leur intention de se lancer: l'avocat d'Ottawa David Bertschi, le procureur de Vancouver Alex Burton, l'économiste ontarien Jonathan Mousley, l'ancien président de l'aile de la Colombie-Britannique du PLC David Merner, ainsi que l'avocate torontoise et mère de la demi-soeur de M. Trudeau, Deborah Coyne.

D'autres élus pourraient toutefois entrer dans la danse, comme Marc Garneau et Joyce Murray. Au bureau du député Westmount-Ville-Marie, on indique que M. Garneau demeure encore en période de réflexion.

Alors qu'ils sont nombreux à soupeser encore leurs appuis, Justin Trudeau semble lui déjà bien en selle. Il a annoncé sa candidature le mois dernier à Montréal et il sillonne le pays depuis, incitant les jeunes à s'intéresser à la politique. Sa jeunesse, sa popularité sur les réseaux sociaux et son nom de famille le rendent favori aux yeux de plusieurs libéraux.

L'arrivée de Mme Hall Findlay pourrait toutefois l'obliger à se positionner plus concrètement sur différents enjeux. L'ex-députée torontoise a dit vouloir mener une campagne axée sur les politiques publiques et l'économie. Elle promet également de dévoiler sur une base régulière ses opinions sur les différents défis auxquels fait face le pays.

Règles précisées

La course sera pavée de cinq débats, le premier ayant lieu à Vancouver le 20 janvier. Les candidats croiseront ensuite le fer à Winnipeg, dans la région de Toronto, à Halifax et enfin à Montréal.

Les membres en règle, mais aussi les simples partisans inscrits auprès du PLC, pourront commencer à voter le 6 avril, après un rassemblement final prévu à Toronto. Le successeur du chef intérimaire Bob Rae sera officiellement connu le 14 avril à Ottawa.

Le vote ne se fera pas selon un mode de suffrage direct, mais par scrutin préférentiel où chaque circonscription se voit attribuer une pondération égale. À chacun des dépouillements, le candidat ayant obtenu le moins d'appui sera éliminé, jusqu'à ce que quelqu'un obtienne 50 pour cent des voix après pondération.

Le prix d'entrée dans la course — 75 000 $ — pourrait décourager certains de prendre place sur la ligne de départ. Sans compter que 10 pour cent des sommes recueillies par les candidats doit être versé au parti pour l'organisation de la course.

Mme Findlay vient d'ailleurs tout juste de terminer de payer ses dettes encourues lors de la course libérale de 2006.

Le plafond des dépenses est fixé à 950 000 $.