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14/11/2012 06:05 EST | Actualisé 14/01/2013 05:12 EST

La reconnaissance de l'opposition syrienne par la France est "immorale" (vice-ministre)

En reconnaissant mardi l'opposition syrienne, la France a pris une position "immorale", a estimé mercredi le vice-ministre syrien des Affaires étrangères Fayçal Mekdad dans un entretien à l'AFP, jugeant "inacceptable" un éventuel armement des rebelles par Paris.

"Permettez-moi d'utiliser ce mot, c'est une position immorale car elle autorise l'assassinat de Syriens. Ils soutiennent les meurtriers, les terroristes et encouragent la destruction de la Syrie", a-t-il déclaré, réagissant aux déclarations du président français François Hollande.

Depuis le début en mars 2011 d'une révolte populaire devenue conflit armé, les autorités syriennes assimilent rebelles et opposants à des "terroristes" armés et financés par l'étranger pour semer le chaos dans le pays.

Le président français François Hollande avait annoncé mardi que Paris reconnaissait la nouvelle coalition de l'opposition syrienne, formée dimanche, comme "la seule représentante du peuple syrien" et a ouvert la voie à des livraisons d'armes à l'opposition, jusqu'ici refusées par l'Occident.

"Je pense que c'est une énorme erreur", a poursuivi M. Mekdad, estimant que cette reconnaissance "contredit l'histoire de la France dans les affaires internationales".

Dénonçant une "position arrogante", il a assuré que "tout autour du monde, des gens seront déçus par cette décision", dictée, selon lui, par "le passé colonialiste de la France".

"La France doit laisser le Moyen-Orient en paix et ne pas jouer un tel jeu", a-t-il poursuivi, estimant en outre que "cette ingérence flagrante de la France dans les affaires intérieures syriennes viole la charte des Nations Unies".

"Nous condamnons fermement la position française qui est inacceptable", a-t-il ajouté, interrogé sur d'éventuelles livraisons d'armes par la France.

M. Mekdad a en outre affirmé que "la France apporte actuellement un soutien financier et technique aux terroristes".

"Soutenir le terrorisme viole le droit international", a-t-il ajouté, jugeant la France "responsable de la mort de milliers de Syriens pour avoir apporté son aide aux groupes terroristes".

Mardi, M. Hollande avait reconnu la coalition nationale syrienne "comme la seule représentante du peuple syrien et donc comme le futur gouvernement provisoire de la Syrie démocratique permettant d'en terminer avec le régime de Bachar al-Assad".

Par conséquent, la question de l'armement de la rébellion "va être nécessairement reposée", avait-il déclaré.

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