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14/11/2012 09:47 EST | Actualisé 14/01/2013 05:12 EST

De gros actionnaires veulent remplacer le conseil d'administration de Rona

MONTRÉAL - Après avoir obtenu la tête du grand patron de Rona (TSX:RON), Robert Dutton, au moins deux gros actionnaires de la chaîne québécoise de quincailleries cherchent à destituer son conseil d'administration.

Dans un communiqué laconique publié mercredi, la firme Invesco, qui gère notamment les placements Trimark et PowerShares, a dit se préparer à demander la tenue d'une assemblée extraordinaire des actionnaires de Rona «dans le but de retirer les administrateurs actuels et d'en élire de nouveaux pour prendre leur place».

Invesco contrôle 12,3 millions d'actions de Rona, soit un peu plus de 10 pour cent du capital-actions du détaillant de Boucherville. Invesco a refusé de donner plus de précisions sur sa demande.

Dans un communiqué émis mercredi soir, Rona dit n'avoir reçu aucune demande de convocation d'une assemblée de la part d'Invesco ni d'un quelconque autre actionnaire. La société ajoute cependant que Invesco a communiqué avec RONA au cours des derniers jours pour lui demander une rencontre avec le président du conseil de RONA, et que les deux organisations avaient convenu de tenir cette rencontre plus tard cette semaine.

Invesco a indiqué plus tôt mercredi qu'elle ne souhaitait plus qu'une telle rencontre ait lieu et a émis son communiqué de presse, ajoutent les dirigeants de Rona dans leur communiqué.

La semaine dernière, Rona a remercié M. Dutton après la publication, quelques jours plus tôt, de mauvais résultats financiers pour le troisième trimestre.

Mais plus fondamentalement, plusieurs actionnaires sont mécontents que le conseil d'administration de Rona ait rejeté du revers de la main, l'été dernier, une offre d'achat non sollicitée de 1,76 milliard $ déposée par le géant américain Lowe's.

Le conseil de Rona est présidé par Robert Paré, qui est avocat chez Fasken Martineau. Les autres administrateurs sont Geoff Molson (propriétaire du Canadien de Montréal), Suzanne Blanchet (pdg de Cascades Groupe Tissu), Richard Fortin (ancien dirigeant d'Alimentation Couche-Tard), Alain Michel (ancien dirigeant de Vidéotron), Patrick Palerme (ancien pdg de GE Capital Canada), Réal Brunet (membre du comité d’audit d’Agriculture Canada), James Pantelidis et Jean-Roch Vachon (administrateurs de diverses sociétés) ainsi que Louise Caya et Jean-Guy Hébert, des franchisés Rona.

La firme IA Michael, qui gère les Fonds ABC et qui détient environ 2,5 pour cent des actions de Rona, soutient la démarche d'Invesco.

«Nous appuyons le changement, nous en sommes rendus là», a expliqué le président de la firme, Irwin Michael, au cours d'un entretien téléphonique mercredi.

Les investisseurs ont apprécié la sortie d'Invesco: l'action de Rona a gagné 4,9 pour cent mercredi pour clôturer à 11,52 $, à la Bourse de Toronto. On est encore loin, toutefois, des 14,50 $ offerts en juillet par Lowe's.

Il reste à voir comment réagiront les autres actionnaires importants de Rona. La Caisse de dépôt et placement du Québec, qui possède environ 14 pour cent des actions du détaillant, n'a pas voulu commenter mercredi.

Les franchisés de l'entreprise, qui détiennent collectivement environ 10 pour cent de Rona, feront assurément entendre leur voix. En août, les propriétaires de 164 quincailleries affiliées avaient publié une lettre ouverte pour exprimer leur opposition à l'offre de Lowe's. Notons que Rona regroupe plus de 800 magasins.

Une porte-parole de Rona a indiqué que l'entreprise allait possiblement faire connaître jeudi sa position à l'égard de la requête d'Invesco.

Rappelons que les partis politiques québécois se sont unanimement braqués contre la vente de Rona.

L'été dernier, le gouvernement a même demandé à son bras financier, Investissement Québec (IQ), d'acquérir des actions de l'entreprise dans le but de la protéger contre Lowe's. Or, IQ refuse maintenant d'indiquer si elle a obéi aux ordres de Québec.

Rona emploie près de 30 000 personnes au Canada.