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14/11/2012 02:05 EST | Actualisé 14/01/2013 05:12 EST

Chypre estime que les conditions de la troïka sont "difficiles à accepter"

Le président chypriote Demetris Christofias a affirmé mercredi que les conditions exigées par la troïka (Union européenne, Fonds monétaire international et Banque centrale européenne) en échange d'une aide financière étaient "difficiles à accepter".

"Les négociations sont ardues, comme nous nous y attendions, mais les conditions politiques proposées par la troïka sont difficiles à accepter", a-t-il déclaré lors d'un discours prononcé devant des hommes d'affaires chypriotes.

"De notre point de vue, la substance et le contenu de l'accord sont des paramètres décisifs car ils vont déterminer le futur de notre pays et de son peuple pour les années à venir", a-t-il ajouté.

Les déclarations du président contrastent avec les propos plus optimistes tenus mardi à Bruxelles par le ministre des Finances Vassos Chiarly qui a indiqué qu'il "espér(ait) un résultat positif vers la fin de la semaine."

Le gouvernement chypriote, qui a demandé fin juin à bénéficier d'une aide d'un montant qui pourrait dépasser 10 milliards d'euros selon des experts, estime que le plan de sauvetage proposé par la troïka impose des mesures d'austérité trop lourdes pour une économie déjà en récession.

La troïka a demandé à Nicosie de réduire les salaires des fonctionnaires de 15%, les prestations sociales de 10%, de diminuer l'aide au logement et les subventions, ainsi que d'augmenter la TVA, selon une formule composée à 80% de réductions des dépenses publiques et à 20% de hausses d'impôts.

Selon la presse chypriote, le gouvernement a proposé que la réduction des dépenses ne représente que 60% du plan, avec un objectif de réduction du déficit cumulé d'un milliard d'euros à fin 2016, plutôt que fin 2015 comme recommandé par la troïka.

Des représentants de la troïka sont présents à Chypre depuis vendredi pour évaluer les coupes budgétaires requises en échange de l'aide financière demandée par l'île, et étudier la situation du secteur bancaire, en difficulté en raison de son exposition à la Grèce.

Selon la radio étatique, les représentants de la troïka pourraient être amenés à effectuer de nouvelles visites par la suite, ayant besoin de plus de temps pour définir le montant de l'aide nécessaire à la recapitalisation du secteur bancaire.

Plus l'aide nécessaire à cette recapitalisation sera importante, plus dures seront les conditions imposées par les créanciers internationaux qui craignent une éventuelle insolvabilité de la dette chypriote.

Chypre, qui assure la présidence tournante de l'Union européenne depuis le 1er juillet, devrait être le seul des 27 pays de l'UE à enregistrer une récession en 2014, avec un recul du PIB attendu de 0,7%, selon les prévisions d'automne de la Commission européenne publiées mercredi.

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