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14/11/2012 03:15 EST | Actualisé 14/01/2013 05:12 EST

Après des frappes d'Israël, la Palestine demande à l'ONU d'intervenir

La Palestine a demandé au Conseil de sécurité des Nations unies d'agir pour que cessent les opérations militaires d'Israël dans la bande de Gaza.

Lors d'une rencontre à huis clos du Conseil de sécurité mercredi soir, Riyad Mansour, ambassadeur de l'Autorité palestinienne aux Nations unies, a affirmé qu'Israël se vantait publiquement d'avoir tué des Palestiniens, après avoir mené une frappe aérienne qui a coûté la vie au chef militaire du Hamas, Ahmed Jabari.

Dans le texte de sa déclaration, M. Mansour soutient que «des crimes de guerre sont perpétrés par Israël à l'endroit du peuple palestinien».

M. Mansour ajoute que la communauté internationale doit intervenir pour «mettre un terme aux politiques et pratiques illégales d'Israël à l'endroit du peuple palestinien».

L'ambassadeur israélien Ron Prosor a réagi en disant que les raids aériens avaient été menés en réponse à des tirs de roquette en provenance de Gaza. Il a également affirmé que personne n'avait protesté lorsque les «Palestiniens multipliaient des tirs de roquettes sur des civils israéliens», ajoutant qu'aucune nation ne tolérerait une telle situation.

«Le Hamas a transformé Gaza en un amas de munitions et de réserves d'armes venues d'Iran», a-t-il déclaré.

M. Prosor a mentionné que certains représentants du Conseil de sécurité appuyaient le «droit d'Israël à l'auto-défense et avaient condamné les tirs de roquettes à l'endroit d'innocents citoyens israéliens».

Le Conseil de sécurité a ajourné sans émettre une prise de position commune, et aucune autre mesure n'était prévue.

Selon l'État hébreu, les raids aériens n'étaient que la première étape d'une opération plus importante contre les militants palestiniens baptisée «Pilier de défense».

Les représentants militaires d'Israël ont fait savoir qu'ils envisageaient de lancer un assaut terrestre dans les prochains jours, mais que cela dépendrait de la réaction du Hamas. Mercredi soir, aucun déploiement extraordinaire de soldats n'avait été signalé le long de la frontière.

Les frappes sont survenues au moment où l'État hébreu semble assailli de toutes parts. Ses relations avec le nouveau gouvernement islamique de l'Égypte se sont détériorées, la péninsule égyptienne du Sinaï sert maintenant de base aux militants qui l'attaquent et sa frontière nord a commencé à subir la pression de la guerre civile syrienne.

Plus tôt cette semaine, des chars israéliens ont d'ailleurs tiré en direction de la Syrie pour la première fois en près de 40 ans afin de répliquer à un tir de mortier syrien ayant atterri dans le Golan, qui est sous le contrôle d'Israël.

Avec au moins 10 morts du côté des Palestiniens, dont deux jeunes enfants, l'offensive de mercredi risque de déclencher une nouvelle série d'affrontements entre l'État hébreu et le Hamas, qui possède un impressionnant arsenal de roquettes et de missiles.

La situation risque aussi de mettre en péril les relations entre Israël et l'Égypte, en plus d'influencer la campagne en prévision des élections israéliennes de janvier.

Le Caire a d'ailleurs rappelé son ambassadeur en Israël pour protester contre les frappes effectuées mercredi.

Dans un discours à la population, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a déclaré que l'État hébreu ne pouvait plus tolérer les attaques répétées des militants palestiniens contre les villes situées dans sa portion sud. Les constants tirs de roquettes ont grandement perturbé le quotidien du million de personnes qui vivent dans cette région, forçant les écoles à fermer et les résidants à se barricader dans leur maison.

«Si c'est nécessaire, l'armée est prête à étendre son opération. Nous continuerons à faire tout ce que nous pouvons pour protéger les citoyens», a assuré M. Nétanyahou.

Des représentants militaires ont révélé sous le couvert de l'anonymat que l'armée s'était préparée à envoyer des soldats à Gaza si le besoin s'en faisait sentir.

«Nous n'en sommes encore qu'au début, pas à la fin», a pour sa part affirmé le ministre israélien de la Défense, Ehoud Barak, qui accompagnait le premier ministre. «À long terme, je crois que l'opération permettra de renforcer l'effet de dissuasion et de ramener le calme dans le sud.»

Les Israéliens comme les Palestiniens de Gaza semblaient s'attendre à plusieurs jours de violence. Les habitants de la bande de Gaza se sont dépêchés à faire le plein d'essence et de provisions. Après la tombée de la nuit, les rues étaient vides et on pouvait entendre le bruit des avions et des frappes de l'armée israélienne résonner au loin.

Israël a décrété l'état d'urgence dans le sud et fermé les écoles de la région jusqu'à jeudi. La police israélienne a augmenté le nombre de patrouilles partout dans le pays, craignant que la réplique de Gaza ne dépasse la zone à sa portée.

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