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14/11/2012 02:40 EST | Actualisé 14/01/2013 05:12 EST

Affaire Petraeus: Obama n'a pas de preuve que la sécurité a été menacée

WASHINGTON - Le président américain Barack Obama a commenté pour la première fois mercredi le scandale entourant deux des généraux les plus connus des États-Unis, soutenant qu'il n'y avait pour le moment aucune preuve que l'affaire avait donné lieu à la divulgation de renseignements confidentiels pouvant poser un risque à la sécurité nationale.

De son côté, le Congrès américain a continué de se pencher sur cette inextricable saga qui a révélé au grand jour la liaison de David Petraeus avec sa biographe, Paula Broadwell, et mis fin à sa carrière à la tête de la CIA, en plus de soulever des questions sur la nature de la relation du général John Allen avec une femme appartenant à la haute société de Tampa, en Floride.

M. Petraeus, qui a démissionné vendredi, témoignera vendredi devant le Congrès concernant l'attaque contre le consulat américain à Benghazi, en Libye, survenue le 11 septembre dernier durant laquelle l'ambassadeur Chris Stevens et trois de ses compatriotes ont perdu la vie.

Des porte-parole du Comité du renseignement ont fait savoir que la comparution se déroulera à huis clos. La sénatrice Dianne Feinstein, qui préside le comité, a précisé que le témoignage ne porterait que sur l'assaut contre le consulat.

Âgé de 60 ans, David Petraeus, dont la brillante carrière comme commandant en chef de l'armée américaine en Irak et en Afghanistan laissait présager qu'il tenterait sa chance pour la présidence des États-Unis, a exprimé des regrets au sujet de son aventure avec Mme Broadwell.

Selon les autorités, la biographe de 40 ans a envoyé des courriels menaçants et anonymes à Jill Kelley, une amie de M. Petraeus, qu'elle voyait apparemment comme une rivale. Mme Kelley s'est plainte auprès d'une connaissance travaillant pour le FBI qui a ouvert l'enquête ayant mené à la démission de l'ex-général.

Au passage, les enquêteurs ont également découvert que Jill Kelley avait échangé des courriels «déplacés» et versant parfois dans le flirt avec le général Allen, l'actuel commandant en chef de la coalition en sol afghan, possibles preuves d'une autre relation extraconjugale.

Le laissez-passer de Mme Kelley pour la base des forces aériennes MacDill en Floride, pour laquelle elle agissait comme agente de liaison sociale non rémunérée, a été suspendu pour une durée indéterminée. Le porte-parole du Pentagone, le lieutenant-colonel Steven Warren, a précisé que la femme de 37 ans pouvait encore entrer dans la base, mais qu'elle devait désormais passer par l'accueil comme tous les autres visiteurs.

Le général John Allen est demeuré en poste et doit toujours fournir ses recommandations au président concernant le rôle de l'armée américaine en Afghanistan après la fin de la mission de combat en 2014. Sa nomination comme commandant suprême des forces de l'OTAN a toutefois été suspendue le temps de l'investigation portant sur les quelque 20 000 pages de messages entre lui et Jill Kelley.

Pour ce qui est de M. Petraeus, Barack Obama a indiqué qu'il ne voulait pas faire de commentaires sur des points précis de l'enquête, mais a dit espérer que ce scandale serait le seul faux pas dans le parcours exceptionnel du général à la retraite.

Le président a toutefois balayé du revers de la main les questions sur le temps qu'avait mis le FBI à le mettre au courant de l'investigation.

«De façon générale, je fais entièrement confiance au FBI, qui accomplit un travail très difficile», a-t-il déclaré dans le cadre de sa première conférence de presse depuis sa réélection. «Pour le moment, il est préférable d'attendre de voir ce qu'il adviendra de ce processus.»

Le directeur du FBI, Robert Mueller, et son adjoint, Sean Joyce, ont tous les deux rencontré Dianne Feinstein et le Comité du renseignement de sécurité du Sénat mercredi, tout comme le directeur par intérim de la CIA, Michael Morrell.

Le fait que des renseignements confidentiels auraient été retrouvés dans l'ordinateur portable de Paula Broadwell inquiète particulièrement le Congrès, même si les enquêteurs du FBI ont conclu que la sécurité nationale n'avait pas été menacée.