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13/11/2012 04:12 EST | Actualisé 13/01/2013 05:12 EST

Un général américain rétrogradé pour des dépenses injustifiées

WASHINGTON - Le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, a rétrogradé l'ancien responsable du Commandant militaire américain en Afrique, accusé d'avoir gaspillé des milliers de dollars dans des voyages et des dépenses non autorisées, a annoncé un responsable mardi.

Leon Panetta a retiré une étoile au général William Ward, ce qui signifie qu'il partira à la retraite en tant que lieutenant-général trois étoiles plutôt que comme général quatre étoiles, malgré l'opposition du chef d'état-major, Martin Dempsey. William Ward devra également rembourser 82 000 $ US au gouvernement.

Le secrétaire à la Défense a étudié l'affaire et a estimé que le préjudice relevé par l'inspecteur général du département de la Défense exigeait que le général Ward rende des comptes.

Après 17 mois d'enquête, le rapport du chef d'état-major montre que William Ward a utilisé des véhicules de l'armée pour emmener sa femme en voyage et dans un spa. Il a facturé au gouvernement un supposé arrêt de ravitaillement aux Bermudes, où le couple a passé la nuit dans une suite à 750 $ US. Le rapport détaille les très longs séjours du général Ward, de sa femme et de membres de son équipe dans des hôtels somptueux. Le général Ward avait également accès à un cortège de cinq véhicules lorsqu'il se rendait à Washington.

Le rapport contient les réponses adressées par le général Ward à ces accusations, mais des enregistrements et des communiqués contredisent ses explications. En ce qui concerne l'escale aux Bermudes, le général a expliqué que cela s'était passé de manière improvisée et que c'est pour cela que son équipe et lui avaient dû prolonger leur séjour. Le rapport a montré que cette escale était en fait prévue depuis quatre jours.

Le général Ward prolongeait souvent ses voyages à l'étranger, en particulier ceux aux États-Unis, pour des raisons personnelles, ce qui entraînait des augmentations de coûts «exponentielles». Par ailleurs, il insistait pour que sa femme voyage avec lui aux frais du gouvernement, alors que ce n'était parfois pas autorisé et qu'elle participait peu aux fonctions officielles. Il avait aussi l'habitude de séjourner dans des suites luxueuses plutôt que dans des chambres standard.

Dans un communiqué diffusé mardi, un porte-parole de William Ward affirme que le général «n'a jamais été motivé par des gains personnels» et qu'il a rempli chacune de ses missions «avec distinction».

William Ward, qui devait partir à la retraite le 11 avril, perdra ainsi 30 000 $ US par an en pension de retraite en se retirant avec le titre de lieutenant-général trois étoiles. Il touchera donc 208 802 $ US par an, contre 236 650 $ par an s'il avait conservé sa quatrième étoile.

Pour devenir un général trois étoiles ou quatre étoiles, il faut avoir été nommé par le président, et le Congrès doit confirmer cette nomination. La rétrogradation est courante chez les généraux, qui changent souvent de fonction, et elle n'aurait pas touché William Ward s'il n'avait pas été jugé coupable des accusations qui pesaient contre lui.