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13/11/2012 11:43 EST | Actualisé 13/01/2013 05:12 EST

Tunisie: décision le 20 novembre sur la libération d'un patron de télé

La justice tunisienne rendra le 20 novembre sa décision sur le maintien en détention ou non du patron d'une chaîne télévisée poursuivi pour corruption mais dont l'emprisonnement a été dénoncé comme une tentative de faire taire une voix dissidente, ont indiqué mardi ses avocats.

"On a plaidé sur cette affaire dans de très bonnes conditions (...) la Cour de cassation a décidé de se retirer pour délibérer jusqu'au 20 novembre et c'est logique", a indiqué à l'AFP Abdelazziz Essid, l'avocat de Sami Fehri, patron Ettounsiya TV.

Maître Essid s'est dit très "satisfait" et une autre avocate de M. Fehri, Sonia Dahmani, a estimé que "le ministère public n'avait pas opposé grand chose" aux arguments de la défense, s'opposant "pour la forme" à la libération du prévenu.

Les avocats de M. Fehri attendaient depuis fin août que ce pourvoi en cassation contre le placement en détention provisoire de leur client soit examiné.

Selon eux, le mandat de dépôt de la Cour d'appel de Tunis n'est pas valable, notamment car il a été émis lors d'une audience à laquelle la défense n'avait pas été conviée.

Le placement en détention provisoire de M. Fehri avait fait scandale notamment car, quelques jours plus tôt, il avait annoncé avoir cessé la diffusion d'une mission de satire politique de Guignols à la suite de pressions des islamistes d'Ennahda qui dirigent le gouvernement tunisien.

Sami Fehri est poursuivi en tant que complice dans le cadre d'une affaire de préjudices financiers causés à la télévision tunisienne à l'époque du président déchu Zine el-Abidine Ben Ali et risque à ce titre dix ans de prison.

Il était alors associé à un beau-frère de l'ex-chef de l'Etat, Belhassen Trabelsi, au sein de la société de production Cactus.

M. Fehri, qui produisait sous Ben Ali essentiellement des émissions de divertissement, a fondé Ettounsiya en mars 2011, quelques mois après la révolution. Mais c'est Cactus qui fournit l'essentiel du contenu et cette société, placée sous contrôle judicaire, est détenue à 51% pour l'Etat.

alf/vl