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13/11/2012 11:03 EST | Actualisé 13/01/2013 05:12 EST

Syrie: l'UE salue la nouvelle coalition de l'opposition qui réclame des armes

L'Union européenne réunie mardi au Caire avec la Ligue arabe a salué la formation d'une nouvelle coalition de l'opposition syrienne, qui a réclamé des armes pour combattre les forces de Bachar al-Assad.

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a indiqué que son pays appelait à reconnaître la coalition en tant que "représentante légitime du peuple syrien".

Après quatre jours de réunion à Doha et d'intenses pressions internationales, l'opposition syrienne s'est unie dans la nuit de dimanche à lundi sous la houlette de la Coalition nationale syrienne des forces de l'opposition et de la révolution, dans le but de présenter une alternative crédible au régime syrien.

"Nous avons besoin d'armes adaptées" pour que la rébellion puisse "mettre fin à la souffrance des Syriens et à l'effusion de sang", a déclaré à l'AFP le chef de la nouvelle coalition, Ahmad Moaz al-Khatib.

M. al-Khatib a également assuré que son organisation était représentative de la majorité de l'opposition.

"Plusieurs groupes ont rejoint (la coalition). Certains ont des réserves et nous sommes en contact avec tout le monde. La vaste majorité a rejoint (la formation). Il s'agit de la plus forte coalition et elle représente la Syrie de l'intérieur", a-t-il dit à l'AFP par téléphone.

M. al-Khatib a affirmé que les Syriens faisaient "face à des bombardements de la part des avions militaires de Bachar" et avaient besoin d'"armes adaptées" pour l'emporter, mais sans en préciser la nature.

La poursuite du conflit en Syrie "pourrait faire exploser la région entière. Il pourrait créer des conséquences plus grandes et plus dangereuses", a-t-il averti.

M. al-Khatib avait plus tôt rencontré M. Fabius dans un hôtel du Caire.

"Notre souhait est que les différents pays reconnaissent la coalition nationale syrienne comme le représentant légitime du peuple syrien", a déclaré le chef de la diplomatie française lors d'un point presse, ajoutant: "le rôle de la France c'est de rendre possible ce qui est souhaitable".

M. Fabius a rappelé que les pays européens étaient liés par un embargo sur les armes à destination de la Syrie.

Toutefois, a-t-il ajouté, "la coalition nationale présente les choses sous un jour nouveau" en disant "qu'elle souhaite pouvoir se défendre par rapport aux attaques de Bachar al-Assad et notamment les attaques aériennes". "C'est un point que nous allons considérer".

Son homologue britannique, William Hague, s'est montré plus prudent, qualifiant la formation de la nouvelle coalition de "jalon très important et (de) grand pas vers" la reconnaissance mais en disant vouloir attendre de voir l'étendue de sa représentativité.

"Nous voulons maintenant voir appliquer les détails de l'accord de Doha, et nous voulons voir en pratique que l'opposition syrienne ou la coalition maintenant rassemblée est aussi ouverte que possible aux groupes de l'opposition et à toutes les communautés en Syrie", a-t-il ajouté.

La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a de son côté salué l'accord de Doha mais a mis en garde contre un débordement régional du conflit, qui a fait plus de 37.000 morts depuis mars 2011 selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme.

La Ligue arabe a reconnu lundi soir la légitimité de la nouvelle coalition de l'opposition syrienne en disant la considérer comme son "principal interlocuteur". Le Premier ministre qatari, Hamad ben Jassem al Thani, a précisé que la Ligue reconnaissait la nouvelle coalition en tant que "représentante légitime de l'opposition syrienne".

Les six monarchies du Conseil de coopération du Golfe (CCG, Arabie saoudite, Qatar, Koweït, Emirats arabes unis, Bahreïn et Oman) sont de leur côté allées plus loin, en reconnaissant la nouvelle entité comme "le représentant légitime du peuple syrien".

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