NOUVELLES
13/11/2012 07:29 EST | Actualisé 13/01/2013 05:12 EST

Profits en baisse: Québecor Média licenciera environ 500 employés

MONTRÉAL - Sun Media, une filiale de Québecor Média, a annoncé mardi l'abolition de quelque 500 postes et la fermeture de ses ateliers de production d'Ottawa et Kingston.

L'entreprise, qui publie 36 quotidiens payants, six quotidiens gratuits et près de 200 hebdomadaires, prévoit que cette restructuration entraînera des économies annuelles de 45 millions $.

Selon plusieurs sources, des postes de journalistes syndiqués, de pupitreurs, de rédacteurs en chef et d'éditeurs tomberont sous le couperet, surtout en Ontario. La région de la capitale fédérale est particulièrement touchée: des dizaines de travailleurs perdront leur emploi au quotidien Ottawa Sun et à l'atelier de production situé en banlieue.

«Je suis très triste pour les nombreux licenciements que nous sommes contraints d'effectuer», a déclaré le grand patron de Québecor, Pierre Karl Péladeau, au cours d'une téléconférence avec les analystes financiers.

«Comme nous prévoyons que les conditions difficiles (du marché) demeureront en raison de la profonde transformation de l'industrie, nous avons décidé de poser des gestes décisifs pour aligner notre structure de coûts avec nos perspectives de revenus futurs», a précisé M. Péladeau.

Le président de la Southern Ontario News Media Guild, Paul Morse, a très mal réagi à l'annonce.

«C'est un jour terrible pour le journalisme de qualité et les emplois bien rémunérés dans les médias au Canada», a-t-il affirmé dans un communiqué.

«Quand vous éliminez ce qui rend un journal précieux pour sa collectivité en vous débarrassant de trop de membres de l'équipe qui le produit, vous perdez vos lecteurs, possiblement de façon permanente», a ajouté M. Morse.

Désormais, les activités de tous les journaux de Sun Media au Canada anglais seront supervisées directement par Eric Morrison, un ancien dirigeant du réseau de télévision CTV et de La Presse Canadienne.

Au troisième trimestre, qui a pris fin le 30 septembre, le chiffre d'affaires de Sun Media a baissé de 3,2 pour cent pour s'établir à 227,6 millions $. Les revenus publicitaires ont reculé de 6,9 pour cent et ceux provenant des ventes de journaux ont diminué de 1,1 pour cent, mais ceux issus des produits numériques ont augmenté de 10,6 pour cent.

Plus spécifiquement, les revenus des quotidiens urbains ont diminué de 3,3 pour cent et ceux des journaux régionaux (principalement des hebdomadaires) de 5,9 pour cent. Rappelons qu'au cours des dernières années, Québecor a lancé plusieurs hebdomadaires au Québec.

La division est restée rentable, mais son bénéfice d'exploitation a plongé de 19,2 pour cent pour se chiffrer à 23,5 millions $.

Résultats

Les profits nets de Québecor (TSX:QBR.B) ont quant à eux atteint 18,6 millions $ (30 cents par action) au troisième trimestre, en baisse de 28,7 pour cent par rapport aux 26,1 millions $ (41 cents par action) dégagés pendant la même période de 2011.

Le recul s'explique surtout par une radiation d'actifs «reflétant les conditions de marché difficiles existant dans les industries des journaux et de la musique», a indiqué Québecor dans un communiqué.

Les revenus du conglomérat ont atteint 1,06 milliard $, en hausse de 4,4 pour cent.

Chez Vidéotron, les revenus ont crû de 7,8 pour cent pour s'élever à 659,2 millions $ alors que le bénéfice d'exploitation a atteint 309,9 millions $, en progression de 12,5 pour cent.

Par rapport au même trimestre de l'an dernier, la croissance du nombre de clients a ralenti dans tous les secteurs: télédistribution, accès Internet, téléphonie par câble et téléphonie mobile.

«Les chiffres sur les abonnés sont légèrement inférieurs aux attentes et témoignent d'une concurrence plus vive au Québec», a commenté l'analyste Maher Yaghi, de Valeurs mobilières Desjardins, dans une note.

En téléphonie mobile, le nombre de clients de Vidéotron a tout de même bondi de 46,6 pour cent au cours des 12 derniers mois.

Le président de Vidéotron, Robert Dépatie, a précisé que selon des estimations internes, son entreprise est celle qui a attiré le plus de nouveaux abonnés à la téléphonie mobile au Québec au troisième trimestre, devant Bell (TSX:BCE), Rogers (TSX:RCI.B) et Telus (TSX:T).

Vidéotron vient de demander à des fournisseurs comme Ericsson et Nokia Siemens de lui faire des propositions concernant une éventuelle mise à jour de son réseau sans fil à la norme Long Term Evolution (LTE). M. Dépatie a toutefois assuré mardi que la décision de passer ou non à cette technologie supérieure n'avait pas encore été prise.

Pour l'instant, le fait que Bell, Rogers et Telus offrent tous un réseau LTE sur une partie du territoire québécois «n'a pas d'impact sur nous», a insisté le dirigeant.

La norme LTE permet notamment des vitesses de téléchargement plus élevées.

«Nous évaluons ce dossier en nous demandant si (la mise à jour LTE) nous donnera un avantage par rapport à la concurrence, si c'est nécessaire à court, moyen ou long terme», a expliqué Robert Dépatie.

Pour l'instant, le principal inconvénient dont souffre Vidéotron face à ses concurrents est son incapacité à offrir les appareils iPhone d'Apple parce que le type de fréquences qu'utilise son réseau ne le permet pas.

M. Dépatie n'a pas exclu mardi que Vidéotron s'associe avec un concurrent comme Rogers pour partager les coûts d'un éventuel passage à la norme LTE.

Interrogé par des analystes sur le fait que le revenu moyen par abonné sans fil de Vidéotron (41,33 $) est significativement moins élevé que celui de ses concurrents, Robert Dépatie n'a pas bronché. Il a noté que le contexte concurrentiel actuel n'était pas propice à des hausses de tarifs importantes.

Vidéotron prévoit toujours que son réseau sans fil, inauguré en septembre 2010, deviendra rentable d'ici la fin de l'année.

À la fin de 2011, Québecor comptait environ 16 950 employés, dont 5680 au sein de Sun Media.

L'action de Québecor a gagné 1,8 pour cent mardi pour clôturer à 35,90 $, à la Bourse de Toronto.