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13/11/2012 03:30 EST | Actualisé 13/01/2013 05:12 EST

Massacre d'Afghans: procès en cour martiale requis pour l'auteur présumé

Un procureur militaire a réclamé mardi un procès en cour martiale et une éventuelle condamnation à mort pour le soldat américain accusé d'avoir massacré 16 Afghans pendant son déploiement, à l'issue d'une série d'audiences préliminaires.

Au dernier jour des audiences, sur la base militaire de Lewis-McChord, près de Seattle (Etat de Washington, nord-ouest) l'accusation a souligné la "brutalité" du massacre dont est accusé le sergent Robert Bales.

Selon le procureur, le sergent Bales, âgé de 39 ans, a quitté son camp la nuit du 11 mars, dans le district de Panjwayi (province de Kandahar, sud de l'Afghanistan), avant de tuer dans deux villages avoisinants 16 personnes, dont neuf enfants. Il était ensuite revenu à sa base où il s'était rendu.

"En raison de la pure brutalité et de la nature des crimes, nous recommandons (que l'accusé soit) traduit en cour martiale", a déclaré le Major et procureur militaire Rob Stelle.

Selon lui, il y a deux raisons pour lesquelles l'affaire devrait aller en cour martiale: "Quelque chose d'horrible est arrivé" la nuit du 11 mars, et le sergent Bales était clairement conscient de ce qu'il faisait.

"Les preuves les plus parlantes que nous ayons sont les déclarations faites par le sergent Bales durant les quelques heures (ayant suivi la tuerie) -- des déclarations qui témoignent d'un souvenir précis des événements et d'un clair sentiment de culpabilité", ajoute le Major Stelle.

Le sergent Bales doit répondre de 16 chefs d'accusatin de meurtres, 6 tentatives de meurtre et 7 agressions, outre la consommation illicite de drogue et d'alcool. Neuf des 22 victimes étaient des enfants, huit des femmes, presque toutes tuées d'une balle dans la tête.

L'avocate du sergent, Emmma Scanlan a estimé pour sa part que les preuves n'étaient pas suffisantes pour renvoyer son client devant une cour martiale, évoquant un stress post-traumatique et plusieurs problèmes médicaux.

"Il y a un grand nombre de questions auxquelles cette enquête n'a pas répondu", a-t-elle dit. "On nous a dit que le sergent Bales était +lucide, cohérent et coopératif+ mais on ne sait pas ce que cela implique d'être sous l'emprise de l'alcool, de stéroïdes et de somnifères".

L'enquêteur de l'affaire, le colonel Lee Deneke, communiquera à la cour sa recommandation sur un éventuel renvoi en cour martiale "plus tard dans la semaine ou ce week-end", a-t-il précisé.

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