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13/11/2012 11:51 EST | Actualisé 13/01/2013 05:12 EST

L'étoile des généraux américains a déjà plusieurs fois pâli

Le scandale qui vient de briser la carrière de David Petraeus, l'un des généraux les plus admirés des Etats-Unis, n'est pas le premier qui implique des officiers de haut rang pour des fautes diverses, signe pour certains d'un fossé entre cette hiérarchie et les civils.

Avant que la démission pour liaison extraconjugale de l'ex-général et patron de la CIA David Petraeus ne stupéfie les Etats-Unis, et que le scandale n'éclabousse le chef de la coalition en Afghanistan John Allen, d'autres généraux et officiers de haut rang ont fait l'objet d'accusations de mauvais comportement, y compris d'agressions sexuelles.

Ces affaires diverses ont été l'occasion pour des observateurs de dépeindre un milieu d'officiers de haut rang vivant dans une bulle, dans un pays qui, après dix ans de guerres, décourage toute critique à l'encontre de quiconque portant un uniforme.

A l'issue d'une longue enquête, l'ancien patron du commandement pour l'Afrique, le général William Ward, a ainsi été rétrogradé mardi au rang de lieutenant-général (trois étoiles) et contraint de rembourser 82.000 dollars au gouvernement pour avoir utilisé des fonds publics pour des motifs personnels, comme des voyages avec son épouse.

Un général de brigade, Jeffrey Sinclair, adjoint du commandant de la 82e division aéroportée, a été démis de ses fonctions cette année en Afghanistan après avoir été accusé d'agressions sexuelles et de menaces de mort contre une femme.

Selon l'accusation, après avoir été interrogé sur son comportement à l'égard des femmes, M. Sinclair a répondu: "Je suis général, je fais ce que je veux".

Un autre rapport du ministère de la Défense accuse le lieutenant-général Patrick O'Reilly d'avoir tyrannisé son personnel à l'Agence américaine de défense antimissiles (MDA). Selon un témoin, son style de commandement était du "genre lance-flammes".

Les autres corps de l'armée n'ont pas été plus épargnés.

L'Air Force a dû faire face à de nombreuses accusations d'agressions sexuelles contre des recrues féminines sur sa base d'entraînement à Lackland au Texas (sud).

La Navy, fait rare, a relevé le contre-amiral Charles Gaouette de son commandement du porte-avions Stennis alors qu'il était en mission dans la mer d'Arabie.

L'amiral est l'un des 22 officiers de haut rang démis de leurs fonctions cette année pour des manquements divers, selon le Navy Times.

L'ancien ministre de la Défense Robert Gates, qui a pris sa retraite l'an dernier, estimait que le corps des officiers généraux ponctionnait trop le budget du Pentagone et voulait réduire le nombre des généraux et amiraux.

Il s'était également inquiété du fossé qui se creusait entre les militaires et le reste de la société civile américaine.

Des voix se sont élevées aussi pour s'alarmer de voir des officiers s'affranchir de toute règle, au motif qu'ils risquent leur vie quand les civils restent chez eux.

L'aveu de l'infidélité conjugale du directeur de la CIA a d'abord terni la gloire d'un général considéré comme l'artisan de la stratégie gagnante des Etats-Unis en Irak.

Son successeur en Afghanistan, John Allen, se retrouve maintenant pris dans la tourmente et fait l'objet d'une enquête en raison d'échanges de courriers qui pourraient être "déplacés" avec une des actrices du scandale Petraeus, Jill Kelley.

Pour Tom Ricks, journaliste et auteur d'un livre récent "The Generals" (Les Généraux), "on vénère en ce moment les militaires sans réfléchir. Ce n'est bon ni pour les militaires, ni pour le pays", commentait-il récemment.

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