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13/11/2012 10:47 EST | Actualisé 13/01/2013 05:12 EST

Les islamistes au pouvoir au Soudan se réunissent cette semaine à Khartoum

Le Mouvement islamique, dont sont issus plusieurs dirigeants du Congrès national (NCP) au pouvoir au Soudan, se réunit à partir de jeudi à Khartoum, en présence de milliers de personnes, a-t-on appris auprès de l'organisation.

Cette conférence nationale, qui se dérourela sur au moins trois jours, sera la première du Mouvement depuis les révoltes ayant chassé plusieurs dirigeants arabes en 2011 et conduit les islamistes au pouvoir en Egypte et en Tunisie, via des élections démocratiques.

L'islamiste Omar el-Béchir est arrivé au pouvoir au Soudan à la suite d'un coup d'Etat militaire en 1989.

Certains des membres du Mouvement islamique réclament des changements, estimant que le Soudan ne respecte pas suffisamment les préceptes d'un Etat islamiste, en raison notamment de la corruption qui gangrène le pays.

Mais les appels au changement inspirés par le Printemps arabe y seront probablement ignorés, estiment des analystes, à l'instar de Khalid Tigani, rédacteur en chef du magazine hebdomadaire économique Elaff.

"Cela pourrait conduire à une nouvelle division" au sein du Mouvement, auquel appartiennent la majorité des dirigeants du NCP, a-t-il dit.

Amine Hassan Omer, un responsable du Mouvement islamique, reconnaît "un sentiment général sur un besoin de changement" dans le Mouvement, notamment d'une direction plus jeune, mais estime que c'est une "bêtise" d'insinuer qu'il existe un large mécontentement parmi les jeunes islamistes en raison de la corruption.

La succession de M. Béchir -- qui a annoncé qu'il allait démissionner de son poste de chef du NCP lors d'un congrès du parti qui doit se tenir fin 2013 -- sera aussi dans un certain nombre de têtes, même si "rien de spécifique" sur cette question ne doit sortir de cette conférence, selon M. Omer.

"Beaucoup de gens disent que 23 ans (au pouvoir) c'est trop long, et ils se demandent quelle est la différence entre lui, Moubarak et Assad?" souligne un analyste soudanais s'exprimant sous couvert de l'anonymat, en faisant allusion au président égyptien déchu Hosni Moubarak et au chef de l'Etat syrien Bachar al-Assad, confronté à une révolte populaire devenue conflit armé.

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